Ibid., pièce
ce dernier n'avait cherché, parles discours qu'il avait tenus audit Montargis qu'à établir le fédéralisme : car il faut noter que ces individus n'avaient été arrêtés qu'à cause de leur patriotisme, puisqu'ils furent mis en liberté par un juré d'accusation patriote1.
Royalisme, fédéralisme, crimes étranges pour un homme comme Manuel, et si on lui reprochait plus justement les journées de septembre, on ne le faisait que pour les rattacher au fédéralisme, en y impliquant les Girondins (Manuel tenait à Pétion, Pélion aux Girondins): de quel droit alors en chargerait-on encore les. Montagnards?
« Il parait, dit Fouquier-Tinville dans son acte d'accusation, que Manuel, Pétion, Brissot et les autres complices ont, à l'époque du 10 août dernier, et peut-être beaucoup avant, formé l'horrible et détestable projet de soulever contre Paris tous les départements de la République ; et à cette fin ils ont imaginé les journées des 2 et 3 septembre. En effet, Pétion, lors maire, et Manuel, lors procureur de la Commune, parleur qualité de magistrats du peuple, devaient employer tous les moyens qui étaient en leur pouvoir pour éviter ce qui a eu lieu dans ces journées ou au moins pour en arrêter les suites ; mais, loin, par ces deux magistrats du peuple, de prendre les mesures que leur prescrivaient leurs devoirs, ils ont encouragé lesauteursdeces journées, en les recevant ou en leur donnant à boire au moment où ils étaient àdiner avec plusieurs députés de l'Assemblée législative, leurs complices ; et Pétion et Manuel ont tellement dirigé ces journées, que, dès le 27 ou le 28 août précédent, l'un et l'autre se sont transportés aux excavations de Ménilmontant, y ont fait rouvrir un puits qui avait été rempli quelques mois auparavant. Us se sont pareillement transportés dans d'autres lieux d'excava-