PROCÈS DE MANUEL
tions notamment hors la barrière St- Jacques, dite Isoire, qu'ils ont Tait rouvrir ; et personne n'ignore que c'est dans ces excavations qu'ont été transportés les cadavres des journées des 2 et 3 septembre Et un fait bien essentiel à remarquer, et qui décèle de plus en plus que Manuel et Pétion non seulement avaient dirigé ces journées avec tous leurs complices, mais encore le vol fait au Garde-Meuble dans le même mois, c'est que les auteurs de ce vol ont été reconnus tous pour être échappés des prisons de Pari? dans les journées des 2 et 3 septembre; et par quelle fatalité, si ces journées n'avaient été dirigées, ces voleurs de profession auraient-ils échappé par préférence1?
Venaient ensuite les actes de royalisme : l'évasion du ci-devant prince de Poix ; les efforts de Manuel pour que la famille royale fût, non dans la tour mais dans le palais du Temple, d'où il lui eût été plus facile de la faire échapper; la demande d'une expédition de tous les arrêtés de la Commune relatifs à la prison du roi, sans doute pour les envoyer au roi de Prusse qui était en Champagne ; son attitude et son langage pendant le procès : c'est lui qui, croyant que la mort n'allait être prononcée qu'à la majorité d'une seule voix, est sorti et a ramené « l'infâme Châtel(Duchastel),eu bonnet de nuit » pour voler contre. Enfin, applaudissant à l'annonce de la marche des forces départementales sur Paris, il avait dit :
« Que si les honnêtes gens de Paris s'entendaient, il était sûr qu'en se tenant sur leurs portes avec leurs fusils, ils balayeraient toutes ces immondices : c'est ainsi qu'il appelait le peuple révolutionnaire1. »
On entendit contre lui plusieurs de ceux qui avaient témoigné contre les Girondins, Léonard Bourdon, Bazire,