‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 51 sur 451 · CONDAMNATION DE MANUEL · texte numérisé non relu

CONDAMNATION DE MANUEL

vont le tribunal. Et puis, que prouvaient les dires des témoins? Sa présence sur les lieux, sans doute; mais pour le convaincre, il aurait fallu produire les pièces : or ces pièces qui établissaient la complicité de la Commune, auraient compromis tout autre parti que celui des Girondins.

Les questions posées au jury ne portèrent donc que sur le fait banal « de la conspiration infâme qui a existé contre l'unité, l'indivisibilité de la République, et la liberté et la sûreté du peuple français ». Manuel en fut déclaré auteur et complice, et comme tel condamné à mort.(24 brumaire, 14 novembre 1793.)

Son malheur ne lui valut les sympathies de personne. On raconte qu'au moment où on le menait au tribunal, les prisonniers l'entourant, le poussaient, malgré les gendarmes, vers un pilier, teint encore du sang des victimes de septembre, en disant : « Yois ce sang que tu as fait répandre; » et quand il redescendit condamné, il fut reçu par des applaudissements1. Le peuple de Paris ne lui fut pas plus favorable. « Plusieurs fois pendant les débats, dit Du Lac, il a voulu haranguer le peuple et l'attendrir par des tableaux touchants ; mais le peuple est resté insensible, et ses battements de main, au moment de la sentence, ont sanctionné le jugement du tribunal1» *

Le général Branet.

Le même jour que Manuel (24 brumaire, 14 novembre) le tribunal, dans une autre audience, jugeaitBRUNET,géné-

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