TJUB. RÉ VOL. II G
public (c'était la loi), qu'il fût livré à l'exécuteur dans les vingt-quatre heures (25 brumaire, deux heures de relevée) \
Le général Ilouchard.
Le même jour, un autre général, non un général de l'ancien régime, comme Rome, mais un général de la République, un général en chef comme Brunet, Jean- Nicolas Ilouchard, enlevé à ses soldats, comparaissait devant le tribunal. « Houchard, dit Beugnot, qui Ta vu à la Conciergerie, avait six pieds de haut, la démarche sauvage, le regard terrible. Un coup de feu avait déplacé sa bouche et l'avait renvoyée vers son oreille gauche. Sa lèvre supérieure avait été partagée en deux par un coup de sabre qui avait offensé le nez; et deux autres coups de sabre sillonnaient sa joue droite en deux lignes parallèles. Le reste du corps n'était pas mieux ménagé que la tête. Sa poitrine était découpée de cicatrices. 11 semblait que la victoire s'était jouée en le mutilant*. »
Que lui reprochait-on ? Comme lieutenant de Custine, il n'avait pas dénoncé sa trahison : mais Custine avait-il trahi? Il n'avait pas secouru à temps Mayence : mais Mayence, si témérairement occupée, pouvait-elle être sauvée? Comme général en chef, il avait bien battu l'ennemi à Tourcoing, à Hondschote, mais il ne l'avait pas exterminé.
1. Archives, W 296, dossier 248, pièce 40 Les procès- ver baux d'exécution indiquent qu'ils périrent le jour même (ihitl., dossier 247* pièce 4, cl dossier 248, pièce 39).