‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 67 sur 451 · BOIS-GUYON ET GIREY-DUPRÉ · texte numérisé non relu

BOIS-GUYON ET GIREY-DUPRÉ

les frappa d'un décret d'accusation ; que la terreur, la rage et la fureur s'emparèrent de l'âme atroce de tous les conspirateurs et de leurs complices; que les uns forcèrent leurs arrêts, et les autres corrompirent leurs gardes pour échapper à la vengeance des lois, pour aller allumer les torches de la guerre civile dans les départements et les engager à se joindre aux rebelles de la Vendée, qu'ils avaient précédemment soulevés pour venir, à leur tête, réduire Paris en cendres et égorger ses habitants, parce qu'ils avaient eu le courage de s'opposer à l'exécution de leurs projets abominables; que Gîrey-Dupré, déjà habile dans l'arl ténébreux des trahisons, s'attacha aux destinées de Brissot, son indigne patron, et des autres fugitifs, pour les aider dans leur système sanguinaire ! ; elc.

Girey-Dupré, sachant bien à quel sort il était destiné, s'était présenté devant le tribunal dans la toilette des condamnés, les cheveux coupés et le col de chemise abattu. Il avait dit dans son inlerrogatoire devant le juge delïordeaux c qu'il était intime ami de Brissot », et devant celui de Paris « que Brissot avait vécu comme Aristide et qu'il était mort comme Sidney, martyr de la liberté.» Il se reconnaissait l'auteur des feuilles incriminées du Patriote français, el comme on lui demandait pourquoi il avait quille Paris : — « Parce que je n'ai pas voulu habiter une ville opprimée par une municipalité composée de scélérats*. » Il avouait son séjour à Évreux et à Caen, ses relations avec les députés qui s'y trouvaient, niant seulement qu'il se fût mis à leur service ; et de même Bois-

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