‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 71 sur 451 · LAVERDY · texte numérisé non relu

LAVERDY

loir bien l'interpeller de déclarer s'il n'est pas à sa connaissance que je ne percevais toutes mes redevances qu'en avoine; et si, le 25 juin 1791, visite ayant été faite dans le château par la municipalité, on y trouva la moindre chose de suspect, soit grains, soit autres.

Ix témoin. Tous les faits sur lesquels l'accusé demande que je sois interpellé sont de la plus exacte vérité.

V accusé. J'observe que depuis cette époque je n'ai point retourné à Gambais. Je demande que le citoyen témoin, qui est boulanger, dise si pendant mon séjour en 1790, je ne lui ai pas fourni de la farine pour la fourniture de ma maison, attendu la difficulté qu'il avait de s'en procurer.

Le témoin. C'est vrai.

Le président à V accusé. D'où vous provenait cette farine ?

L accusé. Je prenais le blé chez mon fermier et je le faisais moudre1.

Yoilà tout le procès. Joignez-y une longue déposition d'un Leprévôt de Beaumont, ancien secrétaire du cidevant clergé de France, qui accusait Laverdy d'être un des principaux auteurs du pacte de famine : coalition datant de 1729 et renouvelée de douze en douze années dans le dessein d'affamer le peuple au profit des traitants. Leprévôt de Beaumont avait été, disait-il, vingt-deux ans prisonnier pour avoir dénoncé ce complot; et \e Bulletin, pour abréger^ renvoie aux ouvrages que le témoin avait publiés. Ce grief est l'objet d'une question posée à Laverdy, mais ne figure ni dans l'acte d'accusation ni dans les motifs du jugement. Il fut condamné à mort pour cette boue prétendue faite du blé qu'il était supposé avoir jeté dans ce bassin : un bassin ouvert à tout Tenant et situé dans un château où il n'était pas venu

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