Archives, ibid., 1" partie, pièce
LE GÉNÉRAL LAMARUÈRE. 105
de le chasser avec mépris de sa présence. Mais Galandini n'en fut pas ébranlé : il savait qu'il avait des appuis; et le 25 il écrivait à Robespierre une lettre où il racontait celte scène même, pour s'en faire un titre.
Au citoyen député de Paris, demeurant rue Saint-Honoré, n* 366, près la rue Saint-Florentin, Paris.
Robespierre, ami intime de la République, je me suis promis de surveiller avec activité tous les hommes salariés pour la servir. Je l'ai fait. J'ai écrit aux Jacobins et signé une dénonciation contre le général de division Lainarlière. Si j'avois à le faire je le ferois encore. L'intelligence entre les généraux ennemis et ce général de la République, établie par des trompettes qui arrivent journellement, m'a donné des inquiétudes. Je les conserve encore, car cette manœuvre ne cesse pas.
Le général Lamarlière m'a envoyé chercher aujourd'hui* Je Pai trouvé au milieu de son état-major. 11 m'a traité d'une manière infâme, me disant qu'il me méprisoit comme la semelle de ses souliers. Un homme qui n'a rien à se reprocher n'emploie point les injures pour sa justification. Il me redoute. Je le surveillerai davantage. Ce général m'a menacé d'écrire au Comité de salut public pour me faire renvoyer. Il peut séduire et me faire perdre ma place et mon titre d'officier. Hais jouissant des droits sacrés de l'homme, il ne m'ôtera pas les moyens de veiller les fonctionnaires publics qui ont dans les mains la cause de l'humanité.
Je suis avec attachement et un entier dévouement,
Citoyen Calandim capitaine-adjudant de la place de Lille. A LiUe, le 23 juin 1795, Tan II de la République1.
Lavaletle remplissait aussi son office. On a une note qu'il adressa au ministre de la guerre le 29 juin, où il parle des espions de l'ennemi bien reçus par Lamarlière*. On en a même une autre qui porte la date