Archives nat. /. /., 2" partie, pièce
tous les hommes armés et instruits, pour nous laisser tous les contingents ignorants et sans armes.
Le général La Marlièrc a mandé Callendini. Il a trouvé le demi-dieu entouré de tous ses aides de camp, adjoints, etc. Il a dû se croire à Saint-Àmand, chez Dumouriez.
Le général La Marlière, d'une voix dictatoriale, a demandé à Callendini de quel droit il avoit osé le dénoncer. Il lui a dit qu'il étoit l'homme le plus méprisable ; qu'il avoit envie de le faire deshabiller nud et l'envoyer à l'enemi ; que s'il le livroit à sa division elle en feroit justice, et qu'il eût à sortir de sa présence et à n'y plus paroître. Telle a été la manière républicaine dont le général La Marlière a traité un fonctionnaire public qui a eu l'audace d'avancer des faits vrais sur un homme qui compte sur sa division et qui vouloit être ministre; etc.
11 finit en exprimant le regret de ne pouvoir aller développer tout cela aux Jacobins1.
Tant que Custine fut à la tête de l'armée du Nord, Lamarlièrc put braver les dénonciations de Galandini et de Lavalette. Le Comité de salut public s'était contenté de confirmer les mesures prises à l'égard du commandement de Lille, et d'ordonner à Custine de s'y conformer (26 juin)*; mais dès qu'il fut rappelé (13 juillet) (signe infaillible de sa chute prochaine), Lamarlière se trouva seul en présence de ses ennemis.
Le 15 juillet (ignorant encore son rappel), il lui mandait dans une lettre de service la fêle de l'acceptation de la Constitution, qui avait eu lieu à Lille le 10 août, et il le faisait en des termes dont on ne pouvait incriminer le républicanisme :
Les fêtes ont été ici marquées par le plus pur patriotisme,