L'ANCIEN CONVENTIONNEL KERSAINT
Je rentre dans le sein du peuple ; je me dépouille de l'inviolabilité dont il m'avait revêtu, prêt à lui rendre compte de toutes mes actions, et, sans crainte et sans reproche, je donne ma démission de député à la Convention nationale.
À. -Gui Kersaint.
À la lecture de cette lettre, Cambon lit la motion qu'il fût mandé à la barre ; et il y vint dans la séance du 22, voulant témoigner de sa déférence aux ordres de l'Assemblée : mais il opposa à toute pensée de poursuite la loi qui déclarait que les représentants du peuple ne pourraient être recherchés ni poursuivis en aucun temps à raison de leurs opinions, et l'Assemblée s'arrêta en effet devant cette loi qui était la sauvegarde de chacun. Plusieurs, faisant grand cas du talent de Kersaint et aussi de son caractère, demandaient même qu'il fût invité à reprendre ses fonctions, ce qu'il refusa quant à lui ; et la Convention passa à l'ordre du jour, acceptant par là sa démission. Le souvenir de cette fîère démarche ne s'était point effacé. On ne le reprepait point pour ses opinions passées : on respectait la loi ; mais ces opinions passées n'étaient-elles pas un motif suffisant de suspecter celles qu'il pouvait avoir encore? 11 ne les reniait pas. Arrêté, le 25 septembre, à Ville-d'Avray, où il résidait depuis le 6 juin, il reconnut « qu'il avait quitté la Convention parce qu'il ne pouvait plus rien faire avec des hommes qui avaient volé pour la mort l ». Il n'en fallait pas tant pour le faire envoyer au tribunal, et du tribunal à l'échafaud \