Archives, W 300, dossier 297, pièce 1 bis
2. Voyez le Moniteur du 17 (7 décembre 1795). Il avait obtenu un laissezpasser de Louvîers pour Ville-d'Avray, le 6 juin. (Archives, itrid., pièce 6.)
Le conventionnel Osselin et la marquise de Charry.
La période comprise entre la loi des suspects et celle qui constitua délinitivement le gouvernement révolutionnaire (17 septembre, — 4 décembre ou 14 frimaire) finit par un procès où l'on vit, comme auteur et complice du même délit, l'ancien et le nouveau régime côte à côte : l'homme qui avait présidé le premier tribunal révolutionnaire (le tribunal du 17 août), Osselin, rapporteur de la loi contre les émigrés, et une dame de haut parage, Charlotte-Félicité de Luppé, marquise de Charry, poursuivie elle-même pour crime d'émigration.
La marquise de Charry, jeune femme de vingt-six ans, séparée depuis quelques années de son mari, était allée à Bruxelles en 1791, pour son plaisir, dit-elle dans son interrogatoire, et pour voir quelques amis, entre autres la dame de Beaumpnt, le duc et le prince d'Àremberg \ A peine rentrée en France, elle était retournée en Belgique au mois de janvier 1793, et, de retour à Valenciennes, en février, craignant d'être considérée comme émigrée, elle avait imaginé décrire au maire d'issy pour lui demander un passeport f : c'était se trahir elle-même ; le passe-