Archives, ibid., 1™ partie, pièce
2. L'ancienne préfecture de police dont la trace fient de disparaître.
baron Gailhac La Gardie, qui l'avait connue chez Mme de Luppé, sa mère, et Osselin lui-même1.
Osselin sentit bien qu'elle n'était pas sauvée par là. N'osant pas lui conseiller de rentrer dans sa maison, et ne voulant pas se séparer d'elle, il lui procura diverses retraites sous des noms empruntés. Elle demeura quelque temps, sous le nom de femme Petit, chez Danton, au faubourg Saint-Marcel, où Osselin vint lavoir. 11 la Gt aller ensuite à Saint-Aubin, chez son frère, curé constitutionnel marié de la commune, où elle reçut encore plusieurs fois sa visite, et aussi, il faut le dire, celle d'un jeune homme nommé Desplasses, qui était en des termes tout à fait particuliers avec elle, comme on en peut juger par la lettre suivante recueillie au dossier :
M. Desplasses, pénétré d'une bonté qui ne peut se sentir trop vivement, recueille d'une manière bien précieuse un nouveau prix de son empressement, lors du malheur qu'a éprouvé Mme de Charry. Il est délivré de la Gèvre, mais, ayant échappé à une maladie sérieuse, il est dans une suite désagréable de remèdes dont il attend une prompte guérison. Le premier instant que lui laissera sa position sera consacré à confirmer à Mme de Charry tous les droits qu'elle a acquis aux sentiments les plus précieux de son cœur1.
On n'est pas plus précieux, ni plusfamilièrement galant.
Cependant le bruit des relations d'Osselin avec la séduisante marquise s'était répandu et offrait une prise facile aux envieux qu'il ne pouvait manquer d'avoir \ Que faire? Lui conseiller la fuite? mais il s'était porté
1. Archives, 1" ptrtie, pièce 26. Cf. 2- partie, pièce 15 (déposition d'Osselin), et le rapport de Dubarran à la Convention : séance du 19 brumaire, Moniteur do 21.
2. lbid,t 1" partie, pièce 15. Cf. d'autres billets, pièces 16-18.