CORRESPONDANCES OU INTELLIGENCES ÉCRITS
PROPOS CONTRE-RÉVOLUTIONNAIRES (DU 1er VEN- DÉMIAIRE AU 14 FRIMAIRE AN II).
Dans les cinq chapitres précédents nous avons réuni les personnages politiques dont le jugement avait suivi la promulgation de la loi des suspects et inauguré le nouvel an II de sinistre mémoire. Mais, quant à ceux-là, il n'était pas besoin de la loi des suspects pour les atteindre : leur nom, leur rang, leur position, les désignaient aux vengeances du parti dominant et à la hache de son docile tribunal. La loi des suspects visait d'autres victimes. Danton avait demandé une télé d'aristocrate par jour1. On le servit à souhait ; et plus d'un simple bourgeois prit rang parmi les aristocrates : noms obscurs, mais qu'il ne faut pas négliger ici : car ces condamnations d'hommes inconnus, plus encore que les grands procès politiques, trahissent la pensée d'extermination qui avait fait instituer ce tribunal. Nous en rangerons quelquesuns, pour les premiers mois du nouvel an II, dans les catégories des principaux délits qui étaient de son ressort, renvoyant pour les autres au Journal qui termine ce volume.