Procès Foitguier y n
Le Moniteur y qui n'a pas rendu compte des débats, les résume avec une brièveté dédaigneuse : « La longue durée des débats ne tient pas seulement à la complication de cette cause et au grand nombre de prévenus, mais encore à l'extrême latitude qui leur a été accordée pour produire tous leurs moyens de défense. Malgré la prolixité de leurs objections et leurs divagations fréquentes, jamais la parole ne leur a été inlerdite. Une longue procession de témoins à décharge a élé admise à déposer, même sur la moralité des accusés la plus âtitérieure aux fonctions sur l'exercice desquelles leur conduite était soumise à l'examen du tribunal. La fatigue et les dégoûts d'une instruction si prolongée et devenue permanente, également pénible, il est vrai, pour les prévenus et pour le tribunal, n'ont occasionné ni découragement ni précipitation. Les jurés ont montré jusqu'à la fin toute l'impassibilité qu'exige cette institution sublime. Souvent troublés par les murmures impatients de l'auditoire, par l'exaspération des esprits qui se manifestait à tous moments contre les prévenus, malgré les représentations énergiques du président et de l'accusateur public, ils paraissaient à peine s'apercevoir de ces inconvenances. Aussi leur patience et leur attention soutenue inspiraient-elles la plus grande confiance aux accusés.
« Le caractère impétueux de Fouquier-Tin ville a rendu quelquefois les séances très orageuses. Il se déchaînait avec violence contre l'auditoire et, regardant aussi comme une injustice les observations pressantes du ministère public, il l'accusait lui-même de partialité.
« Dans ces luttes énergiques d'une part> et indécentes