Moniteur du 4 germinal an Ul (24 mai
2. Séance du 13 floréal an HI (2 mai 1795). Moniteur du 16 et du 17. — Louvet était rentré dans la Convenlion jn vertu du décret du 18 ventôse an HI (8 mars 1795).
termes, la proposition devait rencontrer des contradicteurs. Mais pour ce qui est du tribunal, nul n'osa en prendre la défense, nul ne lui marchanda les qualifications qu'il méritait. Giraud (de l'Aube) niait les droits du trésor aux biens confisqués, sur ce principe que « nul ne peut hériter de celui qu'il a assassiné. » Berlier soutenait que les jugements des tribunaux et commissions révolutionnaires ayant été dépourvus des formes protectrices de Tordre social, il y avait lieu de les annuler tous, sans rechercher s'ils frappaient ou non des coupables. Tous insistent sur le caractère dominant de ces actes : l'assassinat. — Lanjuinais* :
c( Il est nécessaire de convenir que tous ces individus inno cents ou coupables n'ont pas été jugés, mais assassinés ! » (Vifs applaudissements,)
Et répétant presque dans les mêmes termes cette affirmation, il fut encore applaudi à plusieurs reprises. Et Gamon :
« On vous a déjà prouvé, vous avez senti, comme tous les amis de la liberté, combien il est juste de restituer aux veuves, aux enfants de tous les Français injustement ou même illégalement condamnés, les biens que les tyrans avaient envahis au nom de la nation : vous respectez trop le peuple, vous vous respectez trop vous-mêmes pour vouloir, en retenant ces biens, associer la Convention et le peuple aux brigandages, aux crimes de vos derniers tyrans qui, non contents d'assassiner pour s'emparer des dépouilles des morts, osaient encore se jacter de leur scélératesse, et venaient à cette tribune proférer ces mots atroces : « Nous battons monnaie sur la place de la Révolution^. »
1. Rentré dans la Convention en vertu du décret du 18 ventôse an IH (8 mars 1795).