LES JUGEMENTS QUALIFIÉS ASSASSINATS
ia pensée elle-même que Ton frappail, la pensée secrèle. — C'était un crime digne de mort aux yeux des Jacobins non pas seulement d'écrire contre eux, de parler contre eux, mais de penser autrement qu'eux.
Supprimez un très petit nombre de cas justiciables desconseilsde guerre, retranchez aussi quelques exemples de bourreaux qui deviennent victimes à leur tour, sur 2559 condamnations antérieures au 9 thermidor, on n'eu trouvera pas dix, on n'en trouvera pas deux qui aient été prononcées pour des crimes punis de mort dans le Code pénal. Disons donc que ces 2550 condamnations environ et les juges qui les prononcèrent et les pouvoirs qui les autorisaient méritent la flétrissure de l'histoire. Là où il y avait encore quelque liberté de langage, et c'était dans les prisons, — témoin Beaulieu, témoin Riouffe, témoin Beugnot, — les arrêts du tribunal s'appelaient vulgairement, ce qu'ils étaient, des assassinatSy et la qualification leur en est resiée après la Terreur*. C'est le nom que leur donnaient Wolff, un des greffiers du tribunal, elle substitut Cambon, au procès de Fouquier-Tinville*. C'est le nom dont les flétrit la Convention elle-même aux applaudissements de tous, Girondins revenus ou anciens Montagnards, sauf quelques terroristes, dans le débat solennel qui eut lieu sur la restitution des biens dus condamnés\
A l'appréciation de l'éditeur des Mémoires sur Carnot, j'opposerai celle d'un autre homme que la Révolution ne reniera pas non plus, qui a vu les choses de près, et qui
1. Aêiossinat commis sur guatre-vingl^un prisonniers de ia prison de Saint'Lazare les 7, 8 «t 9 [6, 7 et 8J thermidor par le tribunal rrro/w tionnaire (51 p. in-8*) et maint autre écrit.