LES DÉFENSEURS : TRONSON-DUCOUDRAY, REAL
prisons et d'échafauds ; des hordes de brigands se répandent comme un torrent sur toute sa surface. Les propriétés dévastées» le Yol le plus infâme est souvent consacré sous le nom de taxe révolutionnaire; les administrations sont livrées à rignominie et à la friponnerie; les monuments des arts sont brisés ; les ateliers de l'industrie sont renversés; les richesses des anciens temples sont enlevés à la nation ; les scandales les plus absurdes et les plus dégoûtants sont accumulés. On révolte les hommes simples qu'on eût pu éclairer ; des pré« très infâmes viennent se vanter de leur longue hypocrisie et ne reconnoissent, disent-ils, que la nature. On proclame l'athéisme; la Convention nationale indignée proclame, à son tour, rÊtre suprême. On abuse de ce nom pour consacrer le tyran et la tyrannie. Les vertus de la justice, dit-on, vont régner, et c'est le règne du crime le plus effréné. Bientôt une nuée d'espions est répandue dans toutes les communes; les citoyens tremblent à chaque instant pour leur liberté; la confiance est bannie des sociétés ; l'ami se défie de son ami ; en un mot, un geste va devenir un crime : on n'ose se le permettre. Le jour on ose à peine paroitre ; on se voit observé. La nuit, lorsque dans le silence du calme, on entend le bruit d'une voiture, on croit voir arriver des satellites.
Le père est arraché des bras de ses enfants, le mari des bras de son épouse ; tous ensemble sont souvent précipités dans les cachots : on les y entasse ; on les y abreuve de douleurs ; on les y laisse pcle-mcle : la terre nue, ou de la paille, des aliments infects, un air pestilentiel, des traitements barbares, voilà leur deslince ! Quel est leur crime? leur fortune, leur naissance, le malheur d'avoir déplu à quelques brigands*.
L'orateur avait prévenu l'objection qu'on eût pu être tenté de faire à ce tableau, cl il y revient en l'achevant :