Bulletin t p
Non, nous ne faisons pas le procès à la Révolution ; mais il faut démasquer ceux qui s'identiGent tellement avec cette Révolution qu'ils veulent se confondre avec elle-même.
C'est sous le bénéfice de ces observations qu'il demandait l'acquiltement de deux des plus obscurs des accusés : Vie et Prou.
Real avait une plus forte tâche en plaidant pour les deux plus compromis au contraire, Goullin et Chaux, les deux principaux organisateurs des fusillades et des noyades. Il fit appel à la sensibilité I il avait recueilli quelques traits d'humanité dans la vie passée de ces monstres, il les para de ses formules philanthropiques, et, faisant oublier tout le reste, il amena une scène que le compte rendu du Moniteur présente ainsi :
c( Plusieurs accusés et Goullin avec eux, versent des larmes; Real, ému lui-même, prononce ces mots avec
chaleur : « Sa tête fut exaltée, son cœur est celui
(c d'un patriote pur, et celui d'un homme de bien p
Des sanglots se font entendre : Gallpn, un des accusés, se lève hors de lui-même, et fondant en larmes, il ne peut articuler que ces mots en faveur de Goullin : < C'est mon ami ; c'est un honnête homme, c'est mon ami ; je le connois depuis neuf ans; il a élevé mes enfants; tuezmoi, mais sauvez-le » Ces mots, répétés plusieurs
fois avec l'accent du désespoir, attendrissent tout Taudiloire. Gallon est obligé de sortir. Tous les accusés fondent en larmes. Real s'écrie en les montrant : c Jurés, sonl-ce là des hommes féroces ! »