‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris (volume 4)Chapitre 7 sur 178 · DÉBATS SDR LA MISE EN ACCUSATION DE CARRIER · texte numérisé non relu

DÉBATS SDR LA MISE EN ACCUSATION DE CARRIER

défendit contre le rapporteur la loi et la procédure; et Romme lui-même dutrevenir sur ses allégations par des explications qui en étaient une rétractation véritable :

Il m'était impossible de disposer seul des pièces pour faire mon travail, j*en ai demandé des copies. J'étais, il est vrai, sûr de leurfidélité^ puisque je les ai collationnées moi-même.

Il avait donc vu les originaux! ^

Avant ce débat on avait demandé Tarrcstation de Carrier. Le président reprit la proposition et, après l'avoir mise aux voix, il proclama le décret d'arrestation au milieu des cris de Vive la République. Mais Carrier soutint, malgré les dénégations de toutes les parties de la salle, qu'après l'avoir entendu la Convention avait passé à Tordre du jour sur son arrestation. Il demanda que si elle voulait changer d'avis elle décidât qu'il serait prisonnier dans sa demeure, et l'Assemblée, revenant sur son vote véritable, non pour l'aggraver mais pour l'adoucir, décréta, selon sa demande, qu'il serait en arrestation chez lui sous la garde de quatre gendarmes, les mettant même aux frais de la nation.

DcIkiIs sur I» mise eu accusaliuii (te (larricr (1*^^" cl "2 iriiii.iire nii Ul). Le 3 Tidrri.rsc dit malade. Il repanùl sur la uienacc de prouoncer sans lui. Caractère des débats. Disooars de Carrier. Appel nominal. Carrier mis en accusasation dans la nuil du 5 au 4 frininire.

La loi du 8 brumaire établissait un délai de trois jours entre la distribution des pièces et la discussion publique. On voulait désormais que l'accusé eût le moyen de se défendre, et quand deux jours après Carrier se

U GHAP. LVI. — PRÉUMINÂIRES DU PROCÈS DE CARRtËK.

plaignit de la gène que les gendarmes apportaient par leur présence aux communications qui lui pouvaient élre utiles, la Convention Tautorisa à prendre un secrétaire et à recevoir ses amis'. I^es trois jours s'écoulèrent sans qu'on parût remarquer Texpiration du délai légal. Cependant le terme ne pouvait en être reculé indéfiniment: raffairc de Carrier était liée à celle des membres du comité de Nantes. Les débats se continuaient sur eux, et ne pouvaient s'éterniser. Aussi lorsque le 28 brumaire Carrier écrivit à la Convention pour lui demander, avec la communication de diverses pièces, un délai nouveau d'une décade pour aviser à sa défense, T Assemblée accorda le premier point et passa à Tordre du jour sur le second *. C'était le mettre en demeure de se présenter devant elle sans plus de retard.

C'est le l*' frimaire (21 novembre i 7 J4) qu'il reparut devant la Convention.

Quoique frappé d'un décret d'arrestation, il n'était pas encore accusé. Il gardait tous ses droits de représentant du peuple, et, comme la première fois, ce fut, non pas à la barre, mais à la tribune qu'il lui fut donné de parler. Tout en réclamant le silence (et le président rappela que c'était le devoir strict de l'Assemblée et des tribunes), il s'excusa de n'avoir pas eu le temps de préparer un discours, et annonça qu'il se bornerait à de simples observations sur les pièces qui étaient à sa charge : c'est de la sorte qu'il procéda pendant deux jours, lisant la pièce et la faisant suivre de sa justification. Un débat s'éleva à l'occasion de ces deux ordres vraiment mons-

1. Séance da 23 brumaire (13 novembre), Monileur du 24 (14 novembre 1794).

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