‹ Histoire du Velay (volume 2)Chapitre 8 sur 39 · LA PROVINCE SOUS LES CARLO Y1NGIENS · texte numérisé non relu

LA PROVINCE SOUS LES CARLO Y1NGIENS

à la maison d'Auvergne, moyennant réserve de suzeraineté , et restent dans cette maison depuis 979 jusqu'en 1167, époque où le comté de Velay est annexé au domaine épiscopal, sous Pierre IV, évoque du Puy (1).

La volonté de Charlemagne était que dans chaque diocèse l'évoque et le comte fussent inséparables, en quelque sorte, dans l'administration des affaires. Celui-ci représentait d'une manière plus spéciale les intérêts civils, celui-là se préoccupait plus exclusivement des intérêts religieux; néanmoins l'un et l'autre devaient s'entr'aider, se compléter, quelquefois se tempérer. « L'Eglise et l'Etat, dit Pauriel, » ne sont qu'une même institution sous le gouver- » nement de deux puissances diverses. Le pouvoir » ecclésiastique doit concourir avec le pouvoir po- » litique à l'administration de l'Etat, et de leur côté, » le monarque et ses officiers doivent intervenir » dans les affaires et les intérêts de l'Eglise (2). »

(1) La réserve de suzeraineté faite par Guillaume Taillefer avait maintenu certaines prétentions de la part des comtes de Toulouse sur le comté de Velay, mais le 12 avril 1229, Raymond VII fit abandon de tous ses droits au roi saint Louis, qui réunit ce pays à la couronne de France, et le plaça sous l'administration du sénéchal de Beaucaire et de Nîmes.

(2) Fauriel. — (Histoire de la Garnie méridionale, tom. IV, page 15.)

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C'est en Tannée 800 environ que Rorice II fut nommé évéque du Velay. Nos chroniques gardent sur ce prélat , ainsi que sur ses deux successeurs, un silence presque absolu. Nous voyons seulement, par nos tables chronologiques, que ces épiscopats furent de longue durée, puisque Dructan ne remplaça Rorice qu'en 840, et que lui-même ne fut remplacé par Hardoin qu'en 860. — Rorice eut l'insigne honneur de recevoir Charlemagne dans sa cathédrale (1). Ce fut même en souvenir de cet illustre pèlerinage que l'empereur, voulant fonder, dit-on , un évêché à Girone, choisit un chanoine du Puy pour premier évêque de ce nouveau diocèse ; ce fut encore à cette visite que les chanoines pauvres de Notre-Dame du mont Anis attribuèrent leur établissement. Nous ne discuterons pas ici la vraisemblance de ces faits et l'exactitude des

(1) L'époque du voyage de Charlemagne dans le Velay ne saurait être précisée, ainsi que le font les historiographes Gissey, Théodore et Arnaud. 11 est, en effet, utile de faire remarquer que ces trois écrivains sont totalement en désaccord sur cette circonstance. Théodore fixe un des voyages, car il en admet deux, en 772 ; Arnaud le porte en 793, et veut que ce soit Rorice qui ait reçu l'empereur dans la cathédrale; Gissey, au contraire, prétend que Rorice n'a pu prendre le bâton pastoral du Velay avant Tannée 800 et recule par conséquent jusqu'après cette date le pèlerinage dont nous parlons.

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