LEGENDE DU GLORIEUX THÉOFRED
la terre, ayant résolu de se consacrer entièrement au service de Dieu , se réfugia dans l'endroit le plus solitaire des montagnes du Velay, pour y fonder une maison claustrale sous Tinyocation du Prince des Apôtres. Dès que Tédiflce fut achevé , son premier soin fut d*aller à Rome , ainsi que c'était la coutume , afin d'obtenir le pouvoir de le bénir. À son retour, il s'arrêta au monastère de Lérins où il prît plusieurs religieux dont il avait besoin pour orçaniser sa sainte entreprise. Parmi ceux-là se trouvait un homme aussi recommandable par ses vertus que par sa haute naissance , c'était le noble Odo , frère du seigneur prince d'Orange. — Quand l'illustre fondateur vit son œuvre parfaitement établie, il lui laissa assez de biens pour qu'elle n'eût pas à souffrir de son absence , en confia la direction à Odo , et se retira en Auvergne où il construisit l'abbaye de Mozac, qui fut sa dernière retraite.
C'est à cette époque que se succédèrent sur le siège épiscopal du Puy, Dulcidius, Torpio, Hilgéric et Basile. — Le nom de ces évêques nous est seul parvenu ; nous savons néanmoins que ce fut sous Hilgéric, environ l'an 720, qu'arriva Théofred,yul' gairement appelé Chaffre, fils de Léoffroy, prince d'Orange, pour remplacer dans la direction de l'abbaye de Calminius son oncle Odo. En ce temps-là, la France méridionale était en proie aux plus
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^uvantaldes myaâons. Les Sarrazhis Tenaient d'envahir les diocèses da Puy et de Glermont et de piller la basilique de Saint-Julien de Brioude. Ghacùn tremblait à leur approche; aussi Théofred ayant appris qu'une de ces hordes dévastatrices s'ayançait contre sa maison, assembla les moines, les exhorta à se retirer dans les bois des environs avec ce que le couyent renfermait de plus prédeux, et à attendre que des temps meilleurs leur permissent de reprendre leurs saintes occupations. Pour lui , il déclara qu'il était décidé à subir les traitements que les barbares voudraient lui faire éprouver, heureux si par ses exhortations il pouvait les ramener dans la bonne voie, plus heureux encore si par sa mort il obtenait la palme du martyre. — A ces mots, les moines se mirent à fondre en larmes, demandant qu'il s'enfuit avec eux dans la forêt, ou qu'il leur permît de mourir avec lui ; mais' le saint persista dans sa résolution. Pour ce qui les concernait, il leur représenta qu'il était plus conforme à la volonté divine de se dérober à un danger qu'on pouvait éviter, lorsque surtout on avait l'espoir de se rendre plus tard utile à la religion. Là-dessus, il leur cita l'exemple de saint Paul qui, étant poursuivi à Damas par les Juifs, ses ennemis, se fit descendre la nuit dans une corbeille hors des murs de la ville ; il leur cita aussi l'exemple de