LE VELAY AU VI« SIÈCLE
pouvait féconder. Il connaissait à peine ces étrangers avides qui lui faisaient la vie si douloureuse. Pour lui, le prêtre c'était le père, Tarai, le consolateur suprême ; non-seulement il lui demandait le courage de souffrir, plus héroïque que celui de combattre, mais il en recevait les affectueux secours dont l'humanité dispose. C'était son médecin, son guide dans les affaires, l'homme de la science et l'homme de la foi, récitant les prières publiques avant l'aurore, enseignant le soir à la famille chrétienne réunie la parole et l'esprit des divines écritures. Alors le peuple vivait plus autour des saints tabernacles que dans les sombres logis, et une ville sans église eût été un corps sans âme, une chose impossible.
Donc, si la légende et les chroniques disent vrai, si Scutaire construisit le premier oratoire chrétien sur la montagne d'Ânis , il faut historiquement en conclure que cet oratoire a été le fondement de la ville du moy€n-âge, comme il en a été depuis la fortune et la gloire.
TRANSLATION OU SIËGE ËPISGOPAL
En recherchant l'époque de la translation du siégé épiscopal de Ruessium à Anicium, on arrive à celle de la fondation de la ville du Puy ; ces dates se confondent dans deux événements simultanés dont rim est la conséquence de l'autre. Il nous semble dès lors que le moyen le plus rationnel pour déterminer le temps pendant lequel ces faits s'accomplissent est de demander à l'histoire générale la cause qui les nécessita. Cette question offre ici d'autant plus d'intérêt qu'elle donne la date baptistaire d'une cité nouvelle, en même temps qu'elle indique le commencement de la décadence de l'antique métropole vellavienne.
On comprend en effet que les évêques du Velay ne quittèrent le chef-lieu de leur province et n'allèrent s'établir à Anicium que lorsqu'ils y furent contraints par une cause aussi grave qu'impérieuse. Or, quelle pouvait donc être cette cause qui provo-
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qua .cette émigration épiscopale? Pour nous répondre , rhistoire nous reporte aux jours désastreux de la fin du cinquième siècle , qui virent nos terres ravagées , nos villes incendiées , nos églises pillées et détruites par les terribles incursions des Vandales. — Ruessium , étendu au milieu d'une plaine accessible de toutes parts , dut être promptement la proie des barbares ; puis , quand le calme sembla renaître , quand les saints pasteurs épouvantés osèrent se montrer et faire entendre de nouveau leur parole , ils s'éloignèrent de cette ville en ruine, sur laquelle la main de Dieu venait de s'appesantir si cruellement. Obligés de reconstruire leur église et prévoyant de nouvelles attaques, par conséquent de nouveaux malheurs, les évéques songèrent à abriter leur sanctuaire sur un point plus facile à défendre (1). — Voilà , nous le croyons du moins , le mo-
(1)... Au milieu du mouvement des invasions, les villes de France furent partout des forteresses; on s'y renfermait pour échapper aux bandes qui ravageaient le pays. Quand l'émigration barbare se fut un peu arrêtée, quand les peuples nouveaux se furent assis sur le territoire, les villes restèrent encore des forteresses ; au lieu d'avoir à se défendre contre des bandes errantes, il fallut se défendre contre des voisins, contre les avides et turbulents possesseurs dès campagnes environtaantes.
(GuizoT, Hist de la civil en France, t. I, p.S34.)
& foi détexmîna la ttaiiâtfioii (fii aége épÀseofd snr la roG&e (Tins, iftammnn» émc sL fes moraiments de notxre Mstoire lucab et ceox qoe b aciaice I10IB apprcaid à in to rq g er jusque dans leurs derwas dâïris, ne se réanoBent pas pour cooffinooer f^eCte opmidii.
n est anfoonFIuii accepte par tous que ce fol Fè- ^6iae EvfxRiu Tosf qaf constnnat le pronier orafioîre dirétiai 9Dr le mont Anè« et qaî lânt, anséUA cette égfise adiefèe^ établir sm éêg^ en ce Geu , poor noos sernr de rexpresBÛiii de Oréguîre de Tours t). n siifl!!^ par coosâpieiit, de redier-
l CertaÉH aatovs ont peétailii tnMner mi eiMCraireà tt^neaoas disons «Jans le titre (pepienKiM les éfétfCÉS de la proTince r en eflkC jasqn'k Atialard^ qai. le premier, en did, signa cpûcopiu amciengis dans le te&tament d'flerrens, éréqne d'iatnn, noos Toyoos tous ses prédécesnéon, Bardooin, Guy et les autres, dans les sooscripcicMis des eoMsIes de Tais; , de Soissoos, de Cbiloos el de Pontion. en WO, fW, fCS el gr76, prendre le titre d'epUccfi çMevensis. — La réponse est Utile : il soffit de dire qoebeaacoop d'éTëqœs qui signent efiicojms amieienni, ajoutent encore vûUacensis, reUe dernière qualification se référant à tont le diocèse plutôt qu'à one ville spéciale. A cette même époque, on disait : les évêqnes d'Aurergne, de Géraudan, etc. Dans ce cas, le ffiol vallaveniis ne serait pas le synonyme de Recessio, mmtoe ont semblé le croire quelques historiographes, c*est r^nifalent do mot epiêcopuê Vellavorum.