‹ Histoire du Velay (volume 3)Chapitre 28 sur 61 · IV. — L'application de ce que nous venons d'ex · texte numérisé non relu

IV. — L'application de ce que nous venons d'ex

(1) Histoire de la peinture au moyen-àgeA- h P* ^*

102 SCULPTUBES SYMBOLIQUES.

poser sera faàle à fiùre aux fragments de scolpture objets de nos investigations. Nous en examinerons quelques-uns seulement, et ce que nous aurons démontré pour ceux-là impliquera nécessairement l'origine de tous. Du reste, les dessins que nous donnons sont exacts et ont été employés déjà dans ies Annales du Congrès scientifique de France, pour développer un système opposé au nôtre H).

C'est un LION. — Il s'avance à paS' lents ; toutefois il a devant lui un amas de pierres qui semble lui faire obstacle.

(1] Par H. Aymard, arcbivlsle de la Haute-Loire, auteur du mémoire indique plus Iiaui. H. Aymard a bien voulu les mettre à notre disposition ; il a pensé, avec grande raison.

La partie gauche de la pierre est lisse ; — ce qui pennet de supposer que, par cette partie, le bloc était engagé dans une construction, et que la figure était le point de départ du développement de quelques bas-reliefs.

Au point de vue de Fart, ce n'est guère qu'une ébauche. Le corps est lourd, la crinière grossièrement taillée, et l'oreille, complètement invraisemblable, a la forme d'une rosace.

Deux particularités donnent à cette figure une signification essentiellement symbolique. — On voit d'abord sortir du milieu du dos de l'animal une tête d'âne relevée verticalement pour sucer une mamelle suspendue au-dessus d'elle et dont elle tient le bout entre ses lèvres ; puis on remarque que la queue du lion, au lieu d'avoir à son extrémité une touffe de poils, se dresse, se replie et se termine par une petite tète dont la bouche suce aussi, de son côté, une seconde mamelle.

Ce symbole n'a jamais été païen, par conséquent n'a pu faire partie de la décoration d'un temple consacré à Diane ou à une autre divinité. Il n'a pas non plus de place sérieusement explicable dans

que le document qui contient en lui la vérité nous étant commun, la vérité céderait sans doute avec moins dd résistance à nos sollicitations réciproques.

une chasse. L'attitude de l'animal et plus encore son caractère allégorique sont exclusifs d'une action de ce genre (1). — Il suffirait donc, sans qu'il soit besoin d'aller plus avant, de ce seul fragment de sculpture pour déterminer l'origine et la pensée inspiratrice de l'œuvre entière ; car il y a, sans contredit, solidarité d'intentions entre l'ensemble et Tune de ses parties.

Ce symbole est inspiré des saintes écritures. En effet :

Le lion, c'est Jésus-Christ (2) ;

L'ane ou l'onagre , c'est le peuple juif avant et après le Messie (3) ;

(1) Nous avons déjà dit, dans une noie préeédente, que rallégorie religieuse avait bien pu prendre la forme d'une sorte de chasse d'animaux pour se développer. Voici ce qu'écrit le savant Emeric David à ce sujet : « Quand le paganisme ne fut plus à craindre, on se livra sans inquiétude à la vénération des figures en relief, simulacres purement physiques sans doute, mais destinés à élever la pensée. On voyait souvent dans les églises, des paysages, des animaux, soit que les compositions fussent allégoriques ou autrement...

i'i) Il a triomphé le lion de la tribu de Juda» (Apoc, V. 5.) — Spictlegiiim solesmense, t. ni, p. 51-54.

(3) Les onagres représentent les juifs , les hérétiques, — (Meliton, la Clef,)

La queue du lion, c*est l'humanité sainte de Jésus- Christ, ce sont les chrétiens (1) ;

Les mamelles représentent la nourriture divine, l'ancien et le nouveau Testament (2).

Dès lors ce symbole ne peut-il se traduire ainsi ?

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