‹ Histoire du Velay (volume 3)Chapitre 38 sur 61 · CONFRÉRIE DES CHAPERONS BLANCS, AU PUT · texte numérisé non relu

CONFRÉRIE DES CHAPERONS BLANCS, AU PUT

L'histoire de la confrérie des chaperons blancs est racontée par tous nos anciens chroniqueurs, et nous avons rappelé à leur date, dans notre Histoire du Velay, les principales versions qui en ont été données. Elle se résume ainsi : >- Il s'agissait de décider les populations urbaines à s'armer, à marcher en masse contre les routiers et à défendre ellesmêmes leur territoire contre les invasions et le pillage. Un charpentier du Puy, dont tout le monde connaissait la parfaite bonne foi, proclame un jour en pleine église que la nuit précédente, alors qu'il était en prière, la Sainte Vierge lui a apparu, lui a ordonné d'organiser une association pour combattre les ennemis qui ravagent la contrée et empêchent les pieux pèlerins dé venir visiter son oratoire. Puis, en témoignage de sa sincérité, le prud'homme montre une image miraculeuse qui lui a été remise par Notre-Dame et qui servira de modèle à celle que chaque affilié devra porter sur sa poitrine.— A ce récit, l'évêque monte en chaire, prêche avec chaleur une croisade contre les routiers. « C'est le Ciel, dit-il c'est Notre-Dame qui ont parlé par la bouche de Durand. Honte et malédiction sur les impies qui tenteraient d'empêcher cette volonté suprême de s'accomplir!... » La foule ellemême verse des larmes ; chacun s'empresse de prendre la médaille et le chaperon ; et, grâce à cette énergique initiative, les routiers sont bientôt chassés de la province.

anciens sceaux. < Elle est toute différente de celle » d'aujourd'hui, ajoute-t-ii, étant assise comme dans » un trAne, portant son fds au bras droit et de la » main gaucbe un sceptre ayant une fleur de lys au s bout, tandis que l'enfant en a une semblable en » sa gauche, etc. >

Une seconde effigie des premières années du XIII" siècle représente la Vierge et l'enfant Jésus à peu près dans la même attitude. C'est une image en plomb, sur l'encadrement de laquelle on lit: Sigil- Imn BeaUe Maris de Podio.

Nous avons déjà parlé de ces images destinées aux pèlerins (1). 11 résulte, en effet, d'un acte de 1220,

(1) Tolr dans notre histoire l'Inventaire des prmc^atet piiets 4iposie» omx anciennes orcAtcw de f AdpitaJ.

196 U SAINTE DUGB.

tigné par l'évèque Bernard de Chalencon et confirmé par une bulle pontificale d'Alexandre IV, qu'il se faisait un débit considérable de ces médailles de plomb ou d'étain à la perle de la cathédrale, et que le monopole de la fabrication et de la vente était exclusivement réservé aux maîtres de l'hApital, sous peine d'excommunication.

A partir de la fin du XIII« siècle, les eCQgies de Notre-Dame ne sont plus les mêmes (Ij.

Celles qui représentaient l'ancienne statue sont peu à peu abandonnées, et c'est l'image égyp-

{)) C'est en 116&, onze ans après le pèlerinage de St-Louls, qu'on remarque ie premier -changement dans les sceaux do cbapitre.

tienne qui se reproduit constamment sur chacune des empreintes nouvelles. Les différences sont, du reste, trop saisissantes pour ne pas être aperçues au premier regard ; dans les dernières la Vierge tient toujours Tenfant devant elle, assis dans son giron, comme disent nos vieux chroniqueurs.

Le sceau en bronze qui a servi à donner cette empreinte est du XIV« siècle, c'était celui de l'ancienne confrérie de Notre-Dame. Il porte en légende ces mots : Sigillv/m confratriœ beatœ MaHm et pn hospitalis poâÀensis, et représente la Vierge assise sous un dais gothique, tenant son fils devant elle, sur ses genoux. — Ce sceau remonte très-probablement à l'origine de l'institution que l'évèque Henri de Maupas signalait, en 1684, comme établie depuis 400 ans environ (1).

(1) CONFRéaiE DE NOTRE-DAUE DU PUT.

Cette confrérie paratt avoir été la continuation de la précédente, ou plutôt sa réorganisation dans des conditions essentiellement religieuses et pacifiques. Comme toutes les confréries, son but était de concourir, par la prière et par certaines pratiques charitables, à l'accroissement de la splendeur des hommages rendus à Notre-Dame. Etablie à la fin du XIII* ou au commencement du XIV* siècle, elle fut successivement approuvée, encouragée et favorisée d'indulgences spéciales par un très-grand nombre de papes, à la tête desquels il faut nommer Clément IV, ancien évéque du Puy, dont on retrouve partout la main généreuse. Un doco-

198 LA SAINTB IMAGE.

La tradition prête au témoignage fourni par les documents que nous venons de produire le concours le plus complet. Déjà au Xyi« siècle il était acquis à tous que la statue avait été donnée par le Soudan à Louis IX, en 1251 . — Le roi, après avoir pris Damiette, avait voulu s'emparer du Caire. Malheureusement les eaux du Nil enveloppèrent ses troupes au moment le plus imprévu, et il fut fait prisonnier avec ses deux frères ainsi que les chefs de l'armée. Conduit au Caire , il y demeura quelques mois. Pendant ce temps il sut inspirer tant d'admiration à son vainqueur que, lorsque sa rançon fat réglée, celui-ci lui permit, au moment de se séparer 9 de choisir dans son trésor l'objet qui pourrait le plus lui plaire. Saint Louis fixa son choix sur une statuette en bois de cèdre, peinte à la façon des

ment assez carieux, rapporté par Médicis dans ses manuscrits, indique qu'en 1551, noble Gabriel de Saint-Marcel» escuyer, laissa à perpétuité, dans son testament, deux bagues d'or à l'effigie de Notre-Dame, pour être données tous les ans en prix aux deux personnes qui auraient le miews besogné en l'art de musique et en la atience gayt de fimerie; à la condition que tout serait fait et chanté en l'honneur, exaltation et louange de la Sainte Vierge. — In 1684, l'évêque Henri de Haupas réorganisa cette confrérie tt lui donna de nouveaux statuts. — Dans les Annales Al Congrès de France (22* session, t. II), M. lymBril i puMI^ ^ un intéressant nrëmoire sur cette institnlk». : u\

tienne qui se reproduit constamment sur chacune des empreintes nouvelles. Les différences sont, du reste, trop saisissantes pour ne pas être aperçues au premier regard ; dans les dernières la Vierge tient toujours Tenfant devant elle, assis dans son giron, comme disent nos vieux chroniqueurs.

Le sceau en bronze qui a servi à donner cette empreinte est du XIV«» siècle, c'était celui de l'ancienne confrérie de Notre-Dame. Il porte en légende ces mots : Sigillv/m confratriœ beatœ MarîsB et pn hospitalis podn.en$is, et représente la Vierge assise sous un dais gothique, tenant son fils devant elle, sur ses genoux. — Ce sceau remonte très-probablement à l'origine de l'institution que l'évoque Henri de Maupas signalait, en 1684, comme établie depuis 400 ans environ (1).

(1) CONFRéaiB DE NOTRE-DAME DU PUT.

Cette confrérie paraît avoir été la continuation de la précédenle, ou plutôt sa réorganisation dans des conditions essentiellement religieuses et pacifiques. Gomme toutes les confréries, son but était de concourir, par la prière et par certaines pratiques charitables, à l'accroissement de la splendeur des hommages rendus à Notre-Dame. £tablie à la fin du XIII* ou au commencement du XIV* siècle, elle fut successivement approuvée, encouragée et favorisée d'indulgences spéciales par un très>grand nombre de papes, à la tête desquels il faut nommer Clément rv, ancien évoque du Pay, dont on retrouve partout la main généreuse. Un doco-

1254 , vint offrir en hommage à Notre-Dame du Puy. Il avait été délivré par l'intercession de Marie, et il désira perpétuer sa reconnaissance en déposant sur ses autels le gage le plus authentique de sa captivité chez les infidèles.

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