L'UNIVERSITÉ DES CLERCS
Bien avant le IX« siècle, il y avait dans les Gaules, près des presbytères épiscopaux , des écoles fondées à l'imitation de celles qui existaient en Orient et en Italie. Cependant , quand Charlemagne monta sur le trône , ces écoles étaient depuis longtemps en pleine décadence. Son premier soin fut de réglementer d'abord ce qu'il trouva, puis de le compléter et de l'étendre. — Par différents capitulaires promulgués à Francfort et à Aix-la-Chapelle, l'empereur ordonne qu'on établisse dans toutes les maisons des évoques et dans les monastères, l'enseignement de
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Psaumes, du Plain-chant, de TEpacte et de la Grammaire. Il veut que les maîtres soient habiles, qu'ils joignent à une grande aptitude personnelle, la facilité pour apprendre aux autres , et beaucoup de bonne volonté (1). Ce qui le préoccupe surtout , c'est le choix des livres religieux. « Souvent, dit-il, en voulant prier Dieu comme on le doit, on le fait mal et on s'égare, parce qu'on a dans les mains des ouvrages qui ne sont pas châtiés. »
Ces établissements étaient ouverts non-seulement aux clercs, mais encore à la jeunesse séculière. Ceux auxquels les évoques en confiaient la direction avaient le titre d'ÉcoLATRES , de capiscols , de primicier^. Comme à cette époque le but de l'enseignement était surtout déformer les jeunes clercs au service des autels et que l'étude des chants religieux était considérée comme la plus essentielle à la dignité et à la magnificence du culte , les écolâtres étaient des choriers. Ccei explique pourquoi le directeur de l'école des clercs fut pendant plusieurs siècles le chef du lutrin de l'église métropolitaine. -^ Une dotation concédée par révoque , des libéralités faites par de riches et pieuses personnes , constituèrent le patrimoine de
(1) Taies vero ad hoc opus viri eligantur, qui et voluntalem et possibilitatem dicendi, et desiderium habeant alios instruendi fcapitj.