CLERCS
ne» hant 41K ks recherdies ronontent dans llitçliw^da TeliT, OB trouve orne école de lanature de «wtte dont innis ^«sqbs de parlnr. N^eusslons- DOtts pfes ks tr^iîtîoB» et les duroniques qui célèbrent kii prvdtteiL-tîoii de Chariema^gne pour la Vierge dumcMil AuîsL il ne nous resterait pas moinsla certitude «]u au IX* sîède les dioses étaient ou s'organisèrent ;ùasi. — Il dut t aToir dans cette école des dasses supérieures, c'est-à-dire celles où des ecclèsîastîiines érudits, spédaleiDent désignés par levéque, e&seîgnaîent la théologie, le droit canon , ta langue latine , les belles lettres et les sciences. Ces classes « destinées aux jeunes chanoines et aux clercs qui voulaient entrer dans les ordres majeurs, étaient plus particulièrement sous la direction du cha|iitre. Rien n indique qu elles fussent dlnstitutiou aussi ancienne, mais ce qui parait incontestable , c'est que TUniversité des clercs de Xotre-Dame du Ply était déjà très-Uorissante à partir du XI« siècle.
,1 Les. revenus de l'association provenaient d'un certain nombre de propriétés rurales, de maisons, de rentes, de censives , de droits de lods au 4* denier sur divers villages, sur des maisons, des terres, des péages ; sur des droits de pêctie, de bursatoir ', d'oblations, etc., etc.
l'université des clercs. 325
Les papes et les rois l'associent presque toujours aux faveurs et aux grâces qu'ils accordent au sanctuaire lui-môme ; ils la nomment sa fille bien-aimée. Elle peut acquérir toute sorte de fonds et de directes sans être tenue aux droits de lods et d'amortissement. Elle reçoit l'hommage en fief noble et franc de différentes localités. — Elle a droit de juridiction sur divers villages. — Elle possède moyenne et basse justice sur plusieurs paroisses où elle peut avoir des officiers, tenir des assises, faire dresser des poteaux. — A Fay, la connaissance de toute action civile et de petit sang lui est attribuée, ainsi que la moitié de toute confiscation. Elle jouit des mêmes privilèges sur une partie du territoire d'Espaly. — En 1352 le roi Jean lui envoie une sauvegarde. — En temps de guerre, elle peut se faire remettre les clefs de certains châteaux. — Elle nomme à plusieurs cures et prieurés. — Enfin elle possède au Puy même un siège de justice appelé la Cour des clercs de l'université deSaint-Mayol, où, dit le chroniqueur , les avocats viennent exercer leur industrie.
Une part de l'enseignement, la plus considérable sans contredit, se reçoit aux pieds de la chaire évangélique . Là s'apprend tout ce qui tient à la science sacrée, aux pratiques saintes. En échange des maternelles sollicitudes dont ils sont l'objet, les enfants
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se mêlent aux moindres cérémonies du culte . Ils font leurs classes au dehors, ils prennent des grades agenouillés sur les marches de l'autel ; puis d'élèves deviennent clercs et enseignants à leur tour.
Le chanoine Raymond d'Aigmlhe n'est-il pas une des gloires de cette école? — Né de parents obscurs dans le petit hameau dont il portait le nom, il suivit les leçons qui se donnaient au cloître et entra dans les ordres. Quand Adhémar de Monteil partit pour la Terre-Sainte, conduisant sous les bannières épiscopales une armée de chrétiens, son premier soin fut d'emmener le jeune diacre dont il savait tout le mérite. Celui-ci ne tarda pas à plaire par son savoir au vaillant comte de Saint-Gilles , qui le demanda au preux évêqae, le fit ordonner prêtre pour se l'attacher en quahté de chapelain et d'historiographe de son armée. — Raymond d'Aiguilhe écrivit l'histoire de la croisade de 1096 à 1099, et son ouvrage, aujourd'hui dans toutes les collections sérieuses , est un des plus intéressants souvenirs des mœurs et des croyances des dernières années du XP siècle.
Le provençal Michel de Latour dit, dans sa notice sur Pierre Cardinal, que le poète, originaire de la cité du Puy-Notre-Dame, était né d'un père et d'une mère nobles, et que quant éra pétitz, sos paire lo
l'uniyersité des clercs. 327
mes per quanorgue en la quanorguia del Puei^ et apprès las lettras, et saup ben lezer et ben chantar. Ce renseignement est précieux ; il démontre qu'au XIIP siècle Técole de Notre-Dame était florissante, qu'elle préparait encore aux ordres sacrés , qu'elle élevait les fils des meilleures familles et produisait un élève dont les œuvres sont encore aujourd'hui un magnifique témoignage d'érudition, d'indépendance et de talent. — Le tendre et enthousiaste Pons de Capdeuil , le gracieux troubadour Guillaume de Saint-Didier, poète , grammairien et érudit , son petit-fils Gausserand , Austan-Dorlac , Garins-Lebrun y toute cette ardente pléiade vellavienne qui, la lyre d'une main, l'épée de l'autre, se répandit au sortir de la jeunesse en chants joyeux , en cris de guerre, ne durent pas avoir d'autres initiateurs aux lettres et à la poésie , que ces maîtres , ces savants clercs du mont Anis, professant en la quanorguia del Puei, dans la grande école, connue rappelle Médicis.
On peut voir , à propos de l'assassinat commis en 1320, par un juif sur un enfant de chœur, combien ce crime excita d'émotion dans la ville et à quel point il augmenta l'importance de l'école à laquelle cet enfant était attaché. Aussitôt que le coupable fut connu , la foule se rua furieuse dans sa demeure, s'en saisit, le tua sans pitié, traîna son cadavre dans
l>s tent» et fit sortir énpa^tooi SBcon^jon- Boorcf . Qaq^ a» pins tancL Qiai!ies4r4kel accorda des Irttm patpntpy aox «nânts d? dHenr de rmiiwgrsîè par fes^œOes il temr octrovatt le drat d*ap- ^râHHier. de joz^er et de pamr eax-méiiies ceux de eetSe race maadîte qui oseraîent jamûs reparaître dans le Pot. — Ce droit ne fiit pas une prm)gati?e ilfaBoire*Ka t3T3^ deux juife nommés Aliot et Sara aiant été prâ et enfermés dans les gisons de la coor commune, les dioiisles les rédamèrent en TeKn des lettres royales. On refusa de les leor remettre, ils se poormrent an parlement, obtinrent mi arrêt conforme à knr demande, et les prisonniers ne forent mis en liberté qa*aiM» qnlls eurent payé ikms élèTes-jogesnne amoidede cent florins d'or.
Au XrV* siècle l'école de Notre-Dame fat dédiée à saint Mayol et en prit bientôt le nom (1). Elle eut encore bien des jours prospères et , depuis Pierre
(1; C'eft à la suite da renoovellemeDt d'un des traités d'alliance dont nous arons déjà parié entre légiise du Puy et l'abbaye de Cluny , que , lors de grandes réparations au cloître, vers le xiv* siècle, on plaça les nouveaux bâtiments sous le patronage de saint Mayol , ancien abbé de Cluny. — Mayol était venu jadis à Notre-Dame; Tabbaye avait envoyé de ses reliques , et le souvenir de plusieurs miracles faits lors de son pèlerinage était encore présent dans la mémoire deç ûdèles.
l'université des clercs. 329
Odin, le savant chanoine, ambassadeur de Louis XI, jusqu'à Guillaume Tardif, le charmant fabuliste , Iwur de Charles VIII, nous pourrions citer bien des noms dont elle serait glorieuse. Cependant, à partir de la an du XY« siècle, beaucoup s'en allaient à Toulouse, à Lyon, à Paris, pour faire ou terminer leurs études , et l'école perdit peu à peu de son importance (]).
Le chapitre de Notre-Dame , comme membre au premier rang de l'ancienne université , avait toujours conservé sur les affaires de la maison de Saint- Mayol une autorité dont se plaignirent souvent les clercs subordonnés , et ces plaintes se manifestèrent d'autant plus vivement que la maison s'amoindrissait et que les choriers, jadis personnages considérables , descendaient de jour en jour dans un rang inférieiu* (2j. — ^ Il n'est pas sans intérêt pour Tfais-
(1) Hs peuvent être, ce me semble, de gens d'église, tant séculiers que réguliers, mattres en théologie , canonlstes, ié* gistes, mattres-ès-arts, docteurs, licenciés, lâche tiers, autres de médiocre savoir et état, parant les églises du Puy, environ le nombre de quatre à cinq cents.
(Manusc. de Médicis, t. 100.)
(2) Aux chanoines seuls appartenaient le sceau, la direction de l'école et la juridiction, laquelle s'exerçait dans l'u* niversité et dans son conseil au moyen des auditeurs de justice du chapitre. Les chanoines promulguaient également par
Il conque les des éfè- Efe^ dscoois et des
qui av^sc les cfaanoi- > MX. de la mmsob âûil-MiniL, ainsi qu'on
les Domniait, ▼ révèk&t Téiit de décadrace de la portMo de Tmmàtgnums cÊencanÊm dont ils smd les
B avait été décidée par des sliliits maintes fo» jurés, que radHHoistiatÎQn seiait confiée à un conseil de treize officiers renooielrs toas les trois ans ; que 08 conseil serait nommé par les chanoines et les dioriers réunis M^ ; qu*à Texoeption du bat^e-mage (2) pris dans le chapitre . les douze autres appartiendraient à la maison de Saint->IaToI. — En dépit de ces règlements , les élections sont constanoment
aftes notariés et autres les décisions et règiements de l'unirersiïé.
(l, Il arrivait sonrent que les officiers, an lieu d'être nommés par l'assemblée générale, élaienl élus par 6 électeurs délégués 2 chanoines, 2 choriers, 2 sous-choriers .
($; Les officiers de l'université de Sain t-MayoI étaient : !• I bayle^mage , chanoine , président ; — 2* 1 syndic ; —
3» 2 baylei-moindres ; — 4» 4 conseillers; —5* 2 légataires ;
— 6« 1 custos litterarum ; — 7« 2 ponctueurs.
l'universitët des clercs. 331
troublées ; car le chapitre , qui a une si imposante majorité dans les assemblées générales , ne peut se résigner à voir ces clercs subalternes exercer les droits d'une corporation dont il se considère comme le chef. — Louis XI s'interpose dans une de ces querelles, prend selon son habitude le parti des plus faibles, et contraint par une ordonnance les seigneurs chanoines à rentrer dans l'obligation des anciens statuts. On se réconcilie , Jean de Bourbon reçoit la promesse d'une paix durable; quelques années plus tard , les collisions renaissent plus ardentes, et les choriers ne cessent de réclamer l'indépendance qui leur échappe (1).
Nos plaintes sont fondées , elles sont nombreuses > disentils, et nous demandons que justice nous soit rendue. Voici quelques-uns des griefs dont nous poursuivons le redressement :
(1) En 1264 un prêtre de la collégiale de Saint- Vosy fait une donation en faveur de l'université des clercs. « A la condi- » lion, dit- il, que celte université demeurera en son ancienne lilierté » — En effet, le doyen des chanoines, à son entrée en fonctions, jurait de n admettre que le grammairienei le capiscol (cbef de récolf^) duement élus par lui et par les 12 chanoines les plus àgt^s. Il jurait égnlemeni de n'exiger
(Veux aucun serment d'obéissance Ce serment du doyen,
cbef et représentant du chapitre, u'cst-il pas le témoignage de cette ancienne liberté dont parle l'acte de 1264 ?
SIUXO. ÎD.
SaOC ÇIS JtEBB
jr Bruiiftirt iiidagitag jg S^ ie r^HËR le lerrce Je xi!axe.
>ie rizi£v<ssfif T Les ftàEBS sm/L cvhhhbi , les
CesiHft les
a éfé iapuiiM par cnotrainaf lafiiHHS «mH était sa- , les ?ar& ooatrâniû^a se âêttrmjÊiaîeBi par la pomle, €C le cftapitre a' j araît aaeaa tfnxL EM efleC : les biens de SaiaC-XajQl oot poar ori^îae Jes «Jonatiot fuies par des portleslîns et lo écoooaies saecessves f«e nos anciens adiiûQ^stratam oot sa faire.
9* X«ssiéiirs da dtapitre se plûsent i confondre ronîTersité iTec le diapîtr? dins reiir?gis:remeot da cotmmiltimms an iKui^flK&t de Tooioase , qa^iqne ronîTefsité ail ea , de Uiul teorips , le tien particolier .
4* Dans les lettres patentes da n>i snr le committimMs » Toolant encore établir une confosion , ils font donner aux elK»^;ers et sous-cboriers le nom d'kabUuéf. — Or, si nous n'étions que de simples habitués, ainsi qn'ils le prétendent, ils n'auraient pas traité arec nous en 1631, en 1654, e^ Tarrét n'aurait pas dit que les cboriers , sous-cboriers et enfants de cbœur, rendraient le serrlce suivant tancien stotut,„ L'arrêt ne parle pas des habitués, parce que ceux-là ne participent en rien à la mense de l'unîTersité , sinon à
l'université des clercs. 333
rextraordinaire , ainsi que les titres le prouvent. Si nous sommes babitués , c'est parce qu'anciennement il n'y avait dans l'église que des clercs habitués, et que l'université est plus ancienne que le cbapilre, lequel n'existe que depuis Cbarlemagne.
5* Messieurs du cbapitre nous ont obligés de passer la transaction de 1631 parce qu'elle nous enlève p'us de la moitié des privilèges de nos officiers qui , avant cette transaction • faisaient tout. — Ainsi les nominations étaient faites par six électeurs , dont deux cbanoines , deux cboriers et deux sous-cboriers. Ces électeurs nommaient le bayle-mage, le bayle-moindre et le petit bayle , le syndic et tous les pe^ tits offices. — Le conseil composé nommait à son tour le juge , le secrétaire et le procureur d'office. — Le conseil avait pouvoir de faire grâce des iods sans recourir, ainsi que l'exige la transaction , à une délibération générale de l'universilé. — Il pouvait réduire les censives , passer tous les contrats , nommer aux cures de nos prieurés et donner les provisions. -<- Il avait seul le droit de se rendre, par dépntation, près le parlement, afin d'y suivre les procès de l'uni** versité; tandis qu'aujourd'bui messieurs les cbanoines, abusant de ce qu'ils ont la pluralité des voix , règlent tout à leur avantage , vont eux-mêmes au parlement y faire leurs affaires personnelles sous i*réiQ\Xe de s'occuper des nôtres. Ils entreprennent à la légère de dispendieux procès qui nous ruinent, et par ce moyen nous obligent à des transactions qui nous dépossèdent. '
6« Autrefois le bayle-mage avait pouvoir de donner toutes les décharges avec l'autorisation du conseil. Aujourd'hui les cbanoines décident que tout se réglera en université , et que le bayle-mage ne pourra délivrer de quittance excédant la somme de 10 francs ; et ils exigent que le syndic donne
su
Hiiigw te scuaii portai qm tomes les sommes
lias le eoftv ëe la l^sHerie.
> OttXkfse jes rtgifwifii éaaA qm rnû¥ersité sers rén- ■îr ses 1 <M i éf cte|«e »:«& »■ sm de la doche et paries scc2:s il iy3ki*r. B^!»èfcn les dunoînes la oooToquent fu»i Icc InrjnrSûe. sans en pf^Neur le syndic, et ils fiWC.&AaxnM'Éiajiarte le»ebonnsH sous-dioiieis, )usf«Tà (e i(v» ift ArfïïiicaDiM solI arbeiiée. Os ne leur permetmi «îcnCner {«f ponr ti ionw: hkn plos, comme iis ont ti fijrù < d» Txx. Ék dïKJtent sar ks intértis eommims, ate» 41» U sassacteoB de U31 Toalait qae ces qœstioiis ttewiu nM4j<ne^ par le «mkcîI à» Saint-MayoL
$* BesKàAi^ ^s :AAn:c»s n^ximaU n piésident spédal |k>nr l<^ cvarpyes. o^ ^v esc cmmw rnsige. Dans tous les liar|« te oMLfies^ dooi H* air^te «ns U prfeûdeoce da la}i^-m&fe« i«ù TKsnè»! des sol anditeos des comptes et de> 4dlki«^ de >ijnft>Kiiy<ûL Ca jcteuil ainsi, contrairement aax ïtainKs , ;^ « ae&i^eni la fiftwihîlit^ de faire passer des iv\:..sfi>^ :=:.rv*cu::-;^ Jk:L\ :^i:»Laf:» qa'iis eoToieQt au par-
La irraude tw> a^: iiit <aa temps. Dès la fin du X\> si {vie, :><vi< : a^ >!w dit, on allait entreprendre le< eîu Jt^ v^;î u-^ 3:h:n^ ailîears, Pliis tard, quand îc$ Jt^::tc> f.:^;r.:a.prtLILS^ aiî ?uy, en 15S8, et qu'en 164 > îe^ pr:'nrv< ce Niini-Siilpke jr eurent fondé un s<^:uira:rv. rjuirique aaaisoa cieticale ne fut plus quuiie îa^atutKMi nK^deste. Là. les choriers et
^r miMm Mvtr r^iMSe «^ :^i:» .âc^jB Ir -pmMmtm , Pressé par les 4*Mf$ Àf ii. . ^trsji; dr >iC ir Hmir Si Pi?.
l'ijniversité des clercs. 335
sous-choriers s'occupent encore de la jeunesse ; mais, par un retour aux premiers âges , cette éducation toute élémentaire se réduit à renseignement de la lecture, de l'écriture, du plain-cbant et de la musique.
Jusqu'en 1789, l'université de Saint-Mayol reste toujours debout ; elle ne quitte pas son nom, elle conserve son patrimoine, mais elle modifie ses statuts. Le désir exprimé par tous les donateurs fut de voir le culte servi avec autant de dignité que d'édification ; ce vœu ne cesse pas d'être religieusement rempli. Si l'organisation primitive avait eu pour but.de faire des choriers, de préparer des lévites et d'entretenir constamment autour de l'autel angélique de fervents prêtres louant Dieu, l'organisation régénérée, fidèle à cette mission, veille à ce que les cérémonies ne perdent rien de leur éclat, et que l'exactitude aux offices soit rigoureusement pratiquée. Elle n'a plus, il est vrai, le soin d'achever elle-même les éducations qui mènent au sacerdoce , mais elle peut encore faire monter à l'autel, à l'aide de généreux secours, ceux qui lui ont donné des gages d'intelligence et de sagesse (1).
(1) La cérémonie des anciennes réceptions des jeunes choristes présente certains détails symboliques qu'il n'est pas sans intérêt de rappeler. — L'enfant était conduit dans la
336 L'ONIVERSITâ DES CLERCS.
Elle redouble de zëLe pour l'enseignement primaire de ses choristes. Puis, afin que Texemple de la prière et celui de Tassiduité soient encouragés , elle fait dans le partage des biens communs une part plus grande qu'auparavant aux chanoines pauvres, ces plus anciens habitués du sanctuaire, ces humbles religieux chantant dans Tombre des stalles inférieures les louanges de Notre-Dame du mont Anis (1).
ebapelle des Fonts-baptismaoxà deux chanoines qui lui adressaient une courte extiortafion. Après cela, il était revétn d'une robe bleue et d*un bonnet nommé capiUin, et c'est ainsi qu'il se dirigeait, un ciergdà !a main, dans la cathédrale, au pied de l'autel de la sainte image de Notre-Dame. Là il faisait une courte prière, se recommandait à la patrone de l'université des clercs et déposait un marc d'argent sur l'autel. — Quand l'offrande était faite, l'enfant, précédé de tous ses jeunes confrères, entrait dans le chœur, jetait sur la daUe trois deniers en signe de renonciation aux biens de ce monde, s'agenouillait en entonnant le Salve regina que l'assistance chantait avec lui, et avant de sortir distribuait encore 2 deniers à chacun, comme témoignage de l'amitié qui devait les unir.
(1) Dans le dernier état estimatif des biens delà maison, le total des revenus se porte à 24107 livres 9 s. — (Ces revenus provenaient de baux, d'abf nnements perpétuels, de la dîme, et cens de rentes, de redevances, de loyers et de lods.)
Le total des dépenses monte à 7357 livres. — (Ces dépenses se composent de congrues à sept curés, de pensions, de fondations, et d'entretien de malsons).
l'université des clercs. 337
Voilà le rapide aperçu de cette institution vénérable qui, comme tout ce qui a longtemps duré» s'est vue bien des fois transformée dans sa marche
Au cbapUre ûespensions et des redevances ^ I'évéque figure pour 10 sous ;-'le chapitre pour 63 livres 2 sons ;— le batle- MAGE et deux cbanoines auditeurs des comptes , pour 226 livres 19 sous ; — le doten, pour 18 sous; — le prévôt,* pour 18 sous; — Tabbé de Saint-Pibrre-t.a-Tour , pour 13 sous; — l'ABBÉ DB Saint-Vost, pour 36 livrer ; — le for- BOTEN HAGB, pour 6 llvres ; — les hbbdomadiers, pour 1 livre;— les chanoines DE PAUPÉRiE, pour 41 llvres 10 sous.
De plus, tes CHANOINES DE PAUPÉRIE, leS CHORIERS (SyU-
die, petit bayle, bayle-moindre, ponctueurs, ct^tos litterarwn, légataires, conseillers composant au nombre de 12 le conseil de la maison de Saint-Mayol). les quatre auditeurs des comptes, pour 731 livres ; ^ les chanoines de p aupérie, faisant diacre et sous-diacre toute l'année, pour 108 livres; —les enfants DE chœur, au nombre de 9, pour 1298 livres 8 sous; — le collège de la ville, pour 3 livres 12 sous.... etc., etc.
Au chapitre des fondations , aux chanoines pour des messes, 321 livres; —aux cbanoines de paupérie et aux cboriers pour la musique , 34 livres 8 sous ; — aux pauvres de l'hôpital, 4 livres 2 sous.
ILa recette est de 24107*9»
^»''*p«"'«' "^''^ le reste de 16750 6
Or, cette somme de 16750 livres, divisée entre 64 membres composant l'université, savoir : 40 chanoines, 1 hebdomadiermoindre, 10 dianoines de paupérie, 13 choriers, fait pour chacun celle de 261 livre, 14 sois, 5 deniers.
338 l'univbksitb des clebgs.
à traters les âges ; et encore, hâtons-nons de le dire, cet aperçu n*est-il que du côté le moins satisfaisant du tableau que nous eussions été henreux de produire sous sa véritable lumière. G*est pourquoi, nous devons ajouter en terminant, qu*il y aurait IH^ril à se laisser trop fâcheusement impressionner |vir la production de documents plus empreints de la passion judiciaire que de la froide impartialité historique. Les actes conservés dans les greffes, liins les an*hives, sont les procès-verbaux des mau- \;iîs jours, et ne constatent, en général, que des «kukMos fâcheux reproduits à travers des récrimifutious Sinivent exagérées. Ce n'est pas dans les pï\\v\hm*s où les familles ont, de loin en loin, ^Wivvk^ lo (Vissager témoignage de leurs querelles v;.Vx\^ .luoIU^s vont chercher plus tard leurs
i • ,* "v is :i!iA:to:!H!S Je Paup^^rie el les choriers comv\xi , .V :* ,* ' AVt»^ :-* U msîson de Saint-Mayol el le corps ^^' ..>..< .■; > :•,..* ; . : *?u l une ou lau're de ces qualités :
r*», ;a' '.* :-i;-*.:"v — p-:ur foDdatioDs ou autres ser-
TvuL;-. i é lô 1.3' 9^
^4i^,«^u«r ^Ktto» *wr :"^ ii^^* ^ ^ partogée entre les 23 ^ ii^ !ttii;»tt $;r.^^^;t e€ le ct?f|» de musique fait
l'université des clercs. 339
preuves de noblesse et leurs litres de gloire. — Qu*à propos de Fadministration de ses biens, la maison cléricale de Saint-Mayol rappelle des droits contestés et proteste sans^ cesse, cela empèche-t-il cette maison d'avoir été unie étroitement au chapitre par des liens séculaires, et d'avoir été l'objet de faveurs qui, sans cette solidarité, ne fussent probablement jamais venues l'atteindre ? Non sans doute (1). Donc, il serait injuste de méconnaître rinfluence qu'exerça sur son développement la protection tutélaire de cette puissante comi^agnie, dont les rois, les dauphins s'honoraient d'être membres, et qui donna à l'Eglise de France tant d'évêques, tant d'abbés, tant d'illustres personnages.
Le cloître de Notre-Dame du Puy fut, surtout du XI» au XV® siècle, l'asile par excellence des hommes voués à l'étude. Nous l'avons dit, on y enseignait les sciences, les arts, les lettres sacrées et profanes.
(1) Nous aurionsplus d'une preuve à donner en faveur de l'intérêt du chapitre pour l'université des clercs, et de la protection particulière de quelques-uns de ses membres. — Ainsi pourrait-on admettre que, si Vévêque Jehan de Bourbon et le chanoine Pierre Odin n'eussent pas accordé une faveur toute spéciale à la maison cléricale, le roi Louis XI, dont le prélat et le savant avaient toule la confiance, se serait prononcé pour les clercs contre le chapitre? cela n'est pas probable. •— Les citations analogues seraient nombreuses.
(Tcft là que se éi^ziôeat œs joutas poétiques
auxquelles en acirocinii du ioaà de lltalie et de
rEs|iagne ; c'^«: i& qx se ccnso-taient religieose-
uient ces précie::jL i&aniiscrits, ces rares trésors
apportés en hommage des {dus loÎDtaines contrées;
c'est là que le chan c-ine Pûm Odin, offidal de
l'évéquc Jehan de Boorboo. assembla nne des plus
riches collections de Unvs de son temps, dans
une bibliothèque c qu i7 fit peindre et estoffer, dit
\t chroniqueur Médicis 1,, aiiui qu'est présenta
Hir»^*.* — Or, cette bibliothèque, peinte par les
mIms (lu savant chanoine, plusieurs fois envoyé par
liOuiH XI à Rome comme négociateur, se trouvait
I^VÎKénicnt dans la chapelle où Ton admire encore
X Vitrre Odin esloit si grand orateur que, par son mellil^iv t«l Huaviloqucnt langage, il fust comiiiis plusieurs fois ^>«liv aiithaKS.'idtîur devers le pape à la requeste de très- ^vvvHoii! l't nulnulô prince Louis XI, roy de France. Lequel ju.Hol |»;ipt' obliiil grande louange et avoir, ce que il ennploya ^» *li\or»i'M façons et moyens, le tout principalement au ser- \HV ilo N. S. CM nulmosnes et à la décoration de celte sainte
^\m il" J'wy. *-*" laquelle il flsl faire la libraim
^ U ill»'*»* t^gllne, la flst peindre et estoflTer, ainsi qu'est pré- ^^^liiMin et y |H)urveu8t debeaucoup de livres qui n'y estoienl ^^ (Manuscrit DePodio. — E. Médicis).
(Mt'A • d'après le même chroniqueur, mourut au f IMM, et (ut enseveli lu cloître de Notre-Dame.
l'université DBS CLERCS. 341
une peinture murale représentant les arts libéraux (1).
Aujourd'hui, près de Notre-Dame, comme aux alentours de toutes les cathédrales, on trouve dans quelque endroit écarté un petit pensionnat qu'on nomme if af^me, et qui est exclusivement consacrée l'éducation des jeunes enfants de chœur. Cette école, toute modeste qu'elle puisse paraître, est pourtant bien dans son principe et dans son but la descendante directe et légitime de l'université antérieure à Charlemagne... C'est bien elle qui eut autrefois des domaines et des vassaux, qui fit rendre la justice, ou s'en alla, quand il le fallut, la demander elle-même aux papes et aux rois. Ainsi tombent 4es illustres familles et les puissantes institutions humaines !... Les derniers débris de l'université des clercs habitent les ruines du cloître de Notre-Dame, et probablement que dans ce lieu pas un n'a gardé mémoire ni des prérogatives anciennes, ni des privilèges personnels tombés en désuétude avec les causes qui les fit concéder. Les jeunes choristes, empruntés aux classes qui cherchent des ressources dans un métier, n'ont guère d'autre ambition que d'en trouver un dans les services passagers qu'ils
(1) Noas avons donné la description de cette remarquable peinture dans notre volume des Monuments (article Cathédrale du Puy).
342 l'université des clercs.
peuvent rendre. Quelques intelligences exceptionnelles, généreusement secondées, s'élèvent parfois jusqu'aux ordres saerés; mais la plupart de ceux qui ne rentrent pas dans la vie du monde, restent sans autre espoir voués aux travaux de la maîtrise, aux soins des chapelles, aux exercices du lutrin ou aux servitudes plus subalternes encore du clocher et des sacristies.