‹ Histoire du Velay (volume 4)Chapitre 10 sur 131 · HABILLEMENT DES GAULOIS · texte numérisé non relu

HABILLEMENT DES GAULOIS

méat, plot, redon, usclat, qui déterminera le caraetère particulier...

Lesexpressionsceltiques, grecques et latines, nombreuses dans les dialectes vellaviens, se retrouvent d'autant nioins altérées qu'on pénètre plus avant dans les solitudes des montagnes. Si de là on redescend le cours du langage , comme on ferait d'un ruisseau que Ton prend à sa source, on le suivra à travers les vallées pour le voir se répandre dans le pays des Ségusiens et des Auvergnats ; puis, an fur et à mesure qu'il s'avance sur les territoires ouverts à la civilisation, on le verra se grossir d'une quantité de locutions romanes ou françaises qui, se rapprochant de plus en plus de notre parler modeme, perdent toute leur originalité.

L'ancien habillement gaulois , qui se modifiait suivant la température des différents pays, se composait en général de hauts-de-chausses plus ou moins larges, d'une tunique à manches d'étoffe rayée descendant au milieu des cuisses, et d'une espèce de casaque ou manteau qu'on appelait sagum. Cette dernière portion de costume était celle qui , par sa forme et par la manière dont elle était ornée, servait de principale distinction. Chez les pauvres, c'était un drap grossier ou simplement une peau de bête fauve, attachés par de mauvais cordons ; chez les riches, c'était une draperie brodée d'or et d'argent,

parsemée de fleurs, de disques, de figures bizarres, et magnifiquement retenue sous le menton par une agrafe en métal précieux. — Les Gaulois avaient un goût très-marqué pour la parure. Il était d'usage, dit Strabon, que les personnes opulentes et élevées en dignité étalassent une grande profusion de colliers, de bracelets, d'anneaux et de ceintures d'or (1).

Pour retrouver dans la manière dont s'habillent aujourd'hui les paysans vellaviens un souvenir des anciens costumes, il faut remonter, comme pour le reste, aux endroits les plus retirés de la montagne, et encore presque partout voit-on de jour en jour disparaître ces vieilles modes si longtemps respectées, qui donnaient aux gens de nos contrées un caractère vraiment original. — La large braye que portaient les villageois de la Limagne n'existe plus dans le Velay, mais le lourd camail à capuchon.de quelques femmes de l'Auvergne est en usage aux alentours du Mezenc, et l'antique sagum gaulois se reconnaît dans le manteau de serge blanche rayée de noir dont se couvrent les pâtres quand vient la saison des frimas. — C'est surtout par la coiffure que se distinguent les habitants de nos campagnes.

(1) strabon, liv. iv, chap. 4, page 197, édition de 1620. — Amniien, lib. xv, cbap. 12.

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