GOUT DES FEMMES POUI^ LES JOYAUX
Les hommes conserveot le chapeau à lar^s bords et, chose remarquable, les femmes le portent aussi. Pour elles, c*est un feutre rond presque plat, dont le diamètre varie suivant les localités, et qu'elles placent par-dessus leur coiffe comme un supplément de toilette indispensable. Ce chapeau est quelquefois ime parure élégante, puisqu'aux jours de fête on le voit sur le chef des riches paysannes, chargé de grandes plumes noires, de dentelles, de pompons, d'ornements en jais et en filigranes d'or ; c'est toujours une chose fort utile, puisque dans les habitudes ordinaires il préserve un peu du soleil et de la pluie, qu'il sert en même temps de panier, d'éventail, de soufflet, de tasse et de support pour tenir en équilibre depuis le plus petit pot de grès rempli de liquide jusqu'au fardeau le plus pesant ; car c'est un usage dans le Velay, chez les femmes aussi bien que chez les hommes, de tout porter sur la tête. — Un trait caractéristique des mœurs vellaviennes que nous ne devons pas négliger de consigner ici en regard de l'observation de Strabon, c'est le goût singulier des femmes de ce pays pour les joyaux. Les gens de la plus misérable condition, chez qui souvent manque le pain, ont des boucles d'oreilles, des anneaux et des chaînes d'or. C'est la première chose qu'achète une fille qui se marie, quelque pauvre qu'elle soit ; c'est la dernière à la-
quelle renonce la mère de famille dont les enfants pleurent de faim. Ajouter un rang et une plaque à son collier y attacher son mouchoir ou son ruban avec des épingles d'or dont les têtes sont plus lourdes, allonger ses pendants^ acheter une bague nouvelle, tantôt en dizaine de chapelet, tantôt à l'image de Notre-Dame du Puy, voilà la suprême ambition des femmes du peuple ; moins leur importent les plus rigoureuses nécessités de la vie, les premiers soins de leur personne....