‹ Histoire du Velay (volume 4)Chapitre 28 sur 131 · LES EUBAGES ET LES BARDES · texte numérisé non relu

LES EUBAGES ET LES BARDES

Diodore et Strabon (1), qu'on les vit plus d'une fois, dans les guerres intestines , désarmer les combattants furieux par la magie de leur parole et par la douce harmonie de leur voix.

Le chef des druides exerçait durant sa vie entière une autorité sans limite. À sa mort Félection pourvoyait à son remplacement. Quoique le. choix ne pût être fait que dans l'ordre sacerdotal , il était néanmoins disputé avec une telle fureur que le bandeau suprême, trempé dans le sang des guenres civiles , ceignait presque toujours le front du plus audacieux. — A certaines époques de l'année , un collège général se formait en cour de justice et en assemblée politique, afin de décider des grands intérêts nationaux. Les convocations , qui d'ordinaire avaient lieu dans le pays des Carnutes, se poursuivirent presque jusqu'à la conquête, bien que la puissance dmidique fût très-amoindrie. — Les druidesses exerçaient aussi une influence religieuse sur tout ce qui les environnait, non par un pouvoir légalement admis , mais par l'irrésistible ascendant du don prophétique qu'on leur reconnaissait et qui les rendait au loin célèbres. Témoin l'hôtesse de Dioclétien qui lui prédit, alors qu'il n'était rien encore , qu'un jour il deviendrait empereur.

(1) Diodor. Sicul., 1. v, p. 308. — Slrab., lib. iv, p. 197.

imUIDBSSES. 113

Ces sacrificateurs , ces poètes , que Possidonius , GésaretStrabon trouvèrent dans les Gaules, n'étaient pas cependant les fidèles et austères disciples des anciens druides ; il ne fallait plus les aller chercher dans de sombres forêts de chêne, au pied des dolmen sacrés. Les cubages traînaient la hache des sacrifices à la suite des années et , dociles aux volontés du chef, ne lisaient dans les entrailles des victimes que de mensongers présages. Les bardes , ces vieux diantres de la gloire et de la religion , avaient fait de leur lyre un instrument de honteux servage. Pour quelques nobles intelligences , encore inspirées par l'amour du pays et par le respect des choses saintes, partout on voyait de méchants poètes attachés à la domesticité des princes et chargés du soin de distraire leurs ennuis. Le roi Luemius , jetant de l'or, C(Mnme une aumône, au barde couvert de sueur et de poussière qui chante ses grossières louanges en courant après son char, n'est-il pas le témoin de la

décadence, l'image de la dégradation (1)? Les

druides eux-mêmes, surtout ceux du midi des Gaules , ne sont plus ces pontifes graves et savants ,

(1) Anelombnon d' ekeinon palin umnein legonta, dio-

KAI TA IXNÉ TÉS GÉS EPH' ÉS ARMAT Ê LATEl , XRUSON KAI

EUERGEsiAS ANTBRÔPOis PHEREi. — Possidonius, ap. Âthei)., lib. IV, cbap. 18.

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