RAPPORTS INDUSTRIELS DES VÉLAUMES
de bronze était expédiée des rives ligurienues aux chefs gaulois, et que ceux-ci faisaient graver au fur et à mesure le nom du peuple auquel ils s'unissaient. U est bien vrai que les Gaulois apprirent des Phé< niciens les sciences industrielles et qu'ils devinrent bientôt aussi habiles dans Texploitation des mines que dans l'art d'employer les métaux. Les armes qu'ils fabriquaient étaient excellentes ; Pline assure même qu'ils travaillaient avec une supériorité remarquable le cuivre et le bronze ; mais cette éducation ne fut pas l'œuvre d'un jour. Us s'inquiétaient peu de demander à leurs maîtres des enseignements sur les arts ; d'ailleurs, les Gallo-Grecs, avec qui ils se trouvaient le plus ordinairement en contact, étaient plus marchands qu'artistes. Leurs médailles étaient presque informes (1) ; les bagues, les bracelets, les vases , les figures qu'ils faisaient eux-mêmes témoignaient davantage encore de leur complète
(1) Les médailles ceUiques étaient, en général, d'une grossière exécution. Aux époques antérieures à la conquête, les questions d'art durent être, sans contredit, ceiles qui préoccupèrent le moins les Gaulois, et leurs rapports avec les colonies ne purent avoir qu'un caractère essentiellement mercantile. Aussi, dans les types qui nous restent, est-il plus
ignorance des chefs-d'œuvre de la Grèce et de Rome. Ils avaient besoin , avant de se préoccuper du perfectionnement de la forme, de rechercher les choses au fond , et ils le firent avec ardeur. Les Bituriges inventèrent les procédés de Tétamage , les Eduens ceux du placage. Les uns s'appliquèrent à carder, à filer de belles laines, d'autres à les teindre, d'autres à les tisser. Ici on imagina la charme à roues ; là , le crible à crin ; avant qu'on le sût ailleurs, on employait dans les Gaules la marne comme engrais et l'orge fermentée comme boisson.
M. Amédée Thierry, dont l'opinion est pour nous une autorité, semble néanmoins hors du vrai, quand il prétend que la religion druidique avait été pré-
facile de constater un signe monétaire, une nécessité commerciale, qu'une œuvre ayant quelque prétention artistique et destinée à rappeler un souvenir plus ou moins considérable de l'bistoire.