‹ Histoire du Velay (volume 4)Chapitre 53 sur 131 · LB VELAY AU !•' SIÈCLE · texte numérisé non relu

LB VELAY AU !•' SIÈCLE

Dès qu'Octave , petit neveu et héritier de César, est proclamé empereur, il vient à Narbonne, convo-

(1) De bello gallico, Ub. vi, chap. 17.

(2) De beUo gaUioa, lib. vi, cbap. 13.

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que une assemblée générale, élaUh et régolarise de nooTeaax impôts, ordonne un ttnombrement complet de la nation et, tout en conservant les qna* tre grandes divisions territoriales indiquées par le dictateur, néanmoins partage plus également entre elles les populations. Ainsi TAquitaine, jadis bornée par les Pyrénées, par la Garonne, Yoit ses limites reculées ]usqu*à la Loire et se troore encore accrue de quatorze pays ou cantons détadiésde la Cdtique qui, dès ce jour, prend le nom de Lyonnaise. L'empereur porte sur tout une main régénératrice ; il envoie des colonies, fonde des villes, fiût bAlir des temples, ouvrir des routes, creuser des aqueducs ; il institue des écoles où Ton enseigne les beaux-arts, l'éloquence et la poésie. — Sous Tibère, deux causes déterminent de violentes agitations dans les Gaules : le poids toujours croissant des impôts et les séditieuses t^itatives du parti druidique. Tacite, dont les Annales conunencent à ce prince, raconte les malheureux efforts de Florus et de Sacrovir pour rendre à leur patrie sa vieille indépendance. — Claude fisût rendre un décret par lequel les nobles de la Gaule chevelue peuvent être admis désormais au rang de sénateurs. L'histoire attribue à Néron le gigantesque projet de mettre en communication POcéan et la Méditerranée en joignant par un canal la Saône à la Moselle, et Tacite parle des sommes

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énormes qu'il dépensa pour réparer les désastres d'un incendie qui avait presque entièrement détruit la ville de Lyon. Cependant, les impôts s'accroissent d'une manière si exorbitante que de nouvelles insurrections éclatent. Julius Yindex dans les Gaules, Galba dans les Espagnes, sont à la tète d'un mouvement considérable auquel les Arvemes et les Véla/unes prennent part. Vindex succombe ; mais Galba plus heureux vient droit à Rome et y est proclamé empereur. — Othon, Vitellius, le remplacent. — Vespasien monte après eux sur le trône et met bientôt fin par la mort lamentable de Sabinus et d'Eponine aux dernières velléités d'émancipation gauloise.

Auguste fit élever à Rome, dans tout l'empire, de nombreux et splendides monuments sacrés sur le modèle de ceux de la Grèce et de Rome ; aussi Tite- Live le nomme-t-il fondateur des temples. Cependant, la profusion des ornements dont on surchargeait les édifices pour plaire au fastueux Mécène, ministre favori de l'empereur, altéra les formes simples^ le style sévère du pur hellénisme. — La décadence de l'art grec date de cette époque. — Tibère et Caligula ne paraissent pas avoir beaucoup aimé les arts. Sous leur règne, on dépeuplait brutalement la Grèce et l'Asie-Mineure de tous leurs trésors pour embellir la ville de César. — Claude

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devait être un triste connaissenr, sll est vrai qu'il fit décapiter les effigies d'Alexandre pour les métamorphoser en images d'Auguste. Et pom*tant l'essor était donné dans les Gaules, où des populations actives, intelligentes, marchaient à grands pas dans les voies nouvelles, c De somptueux édifices^ dit > M. A. Thierry , s'élevèrent sur les emplacements » des anciens lacs sacrés, sur les ruines des anciens » sanctuaires ; et les vieux simulacres informes cé- » dèrent la place aux types élégants du polythéisme » grec ou se perfectionnèrent par l'appUcation des » règles. » — Néron poussa jusqu'au fanatisme l'amour des arts; c mais, dit Winkelmann, cette pas- T sion ressemblait chez lui à celle de l'avare, I» qui cherche plutôt à entasser qu'à produire. » L'Attiqiie, rionie, la Sicile, furent mises au pillage. Les chefs-d'œuvre de Phidias, de Polyclète, de Gallimaque, de Scopas et de Praxitèle ; ceux d'Apollodore, de Xeuxis, de Parrhasius, de Timanthe , de Pamphile, d'Euphanor, de Nicias et d'Apelles devinrent la proie d'un seul homme. Quoiqu'il en soit, il faut bien le reconnaître , Néron donna un nouvel élan à l'émulation des artistes, des écrivains et des poètes. Sénèque fut son précepteur , Lucain son ami. Domitius Afer et Votienus Montanus , orateurs célèbres, Pétronius Arbiter l'auteur du festin de Trymalcion, étaient Gaulois et vivaient de son temps;

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Zénodore , l'illastre sculpteur grec, qui éleva le colossal Mercure des Arvemes , fut à peine désigné à l'empereur que celui-ci le manda à Rome pour lai faire exécuter sa statue.

Plusieurs documents historiques prouvent les grands avantages dont la Yellavie fut favorisée dès les premières années de l'empire. Strabon, contemporain d'Auguste, désigne les peuples de ce pays comme affranchis des liens qui les unissaient jadis aux Arverm. Cette simple indication est trop significative pour la passer sous silence. — L'on sait , en outre, qu'Agrippa établit Lyon comme le centre de tous les grands chemins qu'il créa dans les Gaules. Or, il y en avait quatre principaux. Le premier s'en allait au nord aboutir à Boulogne -sur-Mer, le second conduisait à Marseille, le troisième à Narbonne, le quatrième à l'extrémité de l'Aquitaine. Ce dernier traversait toute la Vellavie du nord-est au sud-ouest, sous le nom de via roman a ou bolena. Il venait de chez les Ségusiens par les localités aujourd'hui nommées Scrnit-Bomtet , Usson, Pontempeyrat , Chomelix, Sami-Geneix, aboutissait à RiMSsium^ métropole de la province, continuait ip'dv Sanssac , Bains, l'ancien Condate , et de là pénétrait dans le pays des Gabales (1). La création de cette route fut

(1) n ne faut pas confondre cette via romana qui traverse

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un bienfait immense pour les pays qu'elle traversa; Ruessium dut, par ce seul avantage» prendre un rapide développement.

U serait difficile de préciser un monument autre que celui-là dont la date pût exclusivement se rattacher à cette époque. Nos fragments de sculptures antiques n*ont pas un caractère tellement absolu qu'il soit possible de les classer avec certitude sous un règne déterminé. Nous dirons même bientôt les motifs qui nous portent à ne les croire , du moins les plus importants, que des siècles postérieurs. On peut se guider sur de grandes indications générales, conclure par analogie , remonter aux règles des écoles grecque et romaine ; mais comment apprécier avec une parfaite justesse une date exacte de l'histoire de l'art sur quelques débris épars et mutilés? — La décadence se constate par comparaison ; on ne peut l'étudier que dans une série de monuments construits successivement et dans des conditions égales, du moins quant au désir de faire pour chacun le mieux possible. Il faut avoir pour objets d'observations des types de l'art à différentes

le Velay du nord-est au sud-ouest et qui se dirige de Lyon sur l'Aquitaine, avec l'ancienne route venant du midi à travers les Cévennes pour communiquer avec le cœur de la Celtique.

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époques. Sans doute il n'y aura pas d'erreur entre deux fragments, dont l'un sera orné de sculptures larges, savantes , même médiocrement exécutées , mais appartenant par le style à une bonne école , tandis que l'autre sera chargé de certains ornements ignorés ou proscrits au temps des chefsd'œuvre. Ces données sont élémentaires ; néanmoins il en est de plus difficiles à saisir. Ainsi, de ce que Winkelmann et les antiquaires qui ont pris pour échelle de leurs comparaisons les monuments de Rome, fixent la décadence sous Auguste, faudrait-il, esclave de cette loi, classer dans le premier siècle tout ce qui , dans les provinces , porte un caractère de haute perfection monumentale ? Ce serait s'exposer à de graves erreurs. Les écoles de Nîmes , d'Arles, de tout le midi des Gaules , fondées à l'époque où déjà le goût du pur hellénisme se perdait au-delà des Alpes, étaient assez indépendantes des inspirations de Rome pour recourir d'ellesmêmes aux meilleurs modèles; et si, comme quelques-uns le pensent, la Maison-Carrée de Nîmes ne fut que du deuxième siècle , ne faudrait-il pas reconnaître que les écoles provinciales ne subissaient pas les influences directes de la métropole de l'empire?

Ce n'est pas à nos vieux historiens de Notre- Dame du Puy qu'il faut avoir recours pour se

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