‹ Histoire du Velay (volume 4)Chapitre 54 sur 131 · LE VELAT AU F» SIÈCLE · texte numérisé non relu

LE VELAT AU F» SIÈCLE

faire une idée quelque peu sûre de ce que devait être le Velay durant le premier siècle de la domination romaine. Loin de porter la lumière sur cette époque de notre histoire, leurs récits ne font, au contraire, qu'y jeter la plus sombre confusion. Le père Odo de Gissey, qui résume toutes les chroniques de l'église vellavienne , rapporte que ce fut la quatrième année du règne de Claude (46 de Jésus-Christ) que saint Georges, un des soixante-douze disciples du Christ, fut envoyé par saint Pierre pour prêcher l'Evangile dans cette province. « Pour lors, » dit-îl, notre saint n'épargna rien contre le paga- B nisme, baptisant à troupes les gentils, brisant les » idoles, renversant leurs autels, abattant leurs » temples, » — Comment admettre dans le Velay, èrune pareille date, la prédication de l'Evangile, la conversion des peuples et le renversement des édifices profanes, alors que l'on est encore à se demander si la plupart de ces édifices étaient même déjà construits. Parmi les nombreux fragments antiques épars sur le plateau de Polignac, enfouis dans les champs de Ruessium ou dans les fondations de Notre-Dame d'Anis, se rencontrent d'énormes archivoltes infailliblement d'origine gallo-romaine; d'où l'on peut conclure , à ce seul indice, que l'époque assignée par la chronique pour la ruine des temples fut tout au plus celle de leur construction.

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En réservant pour des chapitres spéciaux l'examen de ces restes de l'antiquité, nous constaterons seulement qu'ils ont pour caractère commun le grandiose dans les proportions uni à la richesse des détails. Ici, à St-Marcel, c'est un large et beau basrelief représentant une scène de chasse ; là , ce sont des débris de colonnes, de chapiteaux^ d'inscriptions qui permettent, malgré les mutilations qui les défigurent, d'apprécier l'importance de l'œuvre à laquelle ils appartenaient. Malheureusement rien n'est debout , rien n'est en place. Tout a été renversé, brisé, dispersé. C'est parle calcul, par la froide application des règles de l'architecture à quelques blocs çà et là recueillis , qu'on parvient à se rendre compte de ces créations monumentales du règne des Césars. Sans doute l'archéologue, son compas et Vitruve à la main , saura peut-être réédifier un temple quelconque ; mais ce temple restera désert ; on n'y verra ni les rues qui y conduisent , ni la foule qui se presse sous ses portiques , ni les pontifes qui font couler sur l'autel le sang des victimes. Néanmoins , quelque impuissants que soient les efforts de l'étude à rendre la vie à tous ces décombres, en présence de ces matériaux énormes , de ces parties de sculpture qui supposent pour l'ensémble des proportions extraordinaires , en comparant le bon goût des ornements, la pureté des lignes.

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la science du dessin et l'habileté des artistes chargés de Texécution , à ce qui se fait mâme de nos jours , on ne peut se défendre d'admirer cette grande révolution qu'opéra la conquête, et combien fut universelle la transformation des mœurs gauloises. — Le Velay n'a pas tu deux fois les splendeurs de Ruessium...

LE YELÂY AU U* SIËGLE

Sous la domination de Vespasien et de ses deus^ fils, sous celle des cinq bons empereurs Nerva, Tra.-— jan, Adrien, Antonin et Marc-Aurèle , les Gaulée pacifiées purent enfin comprendre tout le bonheur^ « tout le profit de la civilisation. Elles étaient romaines par les mœurs , les habitudes , le langage ^ par le goût et la culture des sciences et des arts j par la religion et par les lois. Les Romains fréquen.taient les écoles de Marseille , de Nîmes , d'Arles ^t d'Autun ; les Gaulois venaient à Rome s'y instruira, y enseigner la médecine et les belles-lettres. —

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