‹ Histoire du Velay (volume 4)Chapitre 66 sur 131 · DÉCADENCE DES ARTS AU IV* SIÈCLE · texte numérisé non relu

DÉCADENCE DES ARTS AU IV* SIÈCLE

> la construction de nouveaux, ce sont les colonnes

> dont les bases et tes chapiteaux se trouvent très-

> disproportionnés, de sorte qu'aucune de ces par-

> lies ne correspond parfaitement à l'autre. » — A partir de Constantin, on commença à briser les statues des dieux. Au fur et à mesuse que le christianisme pénétrait dans une contrée, les convertis renversaient les temples profanes ; ils mesuraient leur foi à leur ardeur de destruction. Les fragments qui pouvaient rappeler trop directement le culte proscrit étaient mutilés, enfouis dans les fondations des églises nouvelles ; les autres, utilisés avec plus ou moitis de bonheur, composaient un ensemble presque toujours sans accord et sans goût. L'art monumental rentrait évidemment dans la barbarie (1).

(1) Au reste, il n'y a pas à en ôtre surpris ou à se montrer par trop indigné contre des siècles où les arts étaient en décadence ou même tombés, lorsqu'on sait par Thucydide (l. i, cbap. 90 et 93), que, lors de la réparation des murs d'Athènes par Thémistocle, on se servit pour les fondations de tout ce que l'on trouva : marbre, fragments de statues, tronçons de colonnes et môme des colonnes entières qu'on arracha des monuments. — Cette destruction d'anciens monuments pour en construire de nouveaux, eut encore lieu du temps de Plutarque par ceux qui, à la campagne, entouraient de murs leurs vignes et les sépultures. — T. II, p. 85, De Profectu in Virt, — Lorsqu'il s'agissait de se défendre et de protéger sa liberté^ les plus belles productions des arts n'étaient regar-

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Dès la fin du lY* siècle , dit le comte de Glarac dans une note de son savant ouvrage sur le musée de sculpture , malgré les lois très-sévères qui condamnaient à mort ceux qui détruisaient les monuments et surtout les tombeaux pour en tirer du marbre et des pierres et en faire de la chaux , on s'en procura beaucoup de cette manière. Une quantité de sarcophages qu'on trouvait dans des vignes, dans des endroits écartés, éloignés de la surveillance , furent détruits pour cet objet auquel on employait les fragments de statues de marbre et souvent même des statues entières qu'on avait le soin de briser pour se conformer à. la loi qui permettait d'user des débris inutiles. Lorsque Grégoire III répara les murs de Rome , » on eut recours à ces débris pour en faire de la » chaux ; et quand les auteurs ne nous l'appren-

dées que comme matériaux... — Une loi très-curieuse de l'empereur Constance de l'an 349 (Code Théodosien), liv, ii, tlt. n. De sepulchris violatis) transmute la peine de mort en une amende très-forte contre ceux qui auront détruit, pour en faire de la chaux, les monuments, les tombeaux-, ils étaient condamnés à une livre d'or par sépulcre. Le vendeur et Facbeteur étaient punis , de même que le magistrat qui , sous prétexte de faire réparer des édiflces publics, aurait employé à cet usage des matériaux tirés des monucnents et des tombeaux, tandis qu'il avait des fonds destinés à ces restauraUons.

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