AUTEL DE SACRIFICES
Le dessus est plat, la partie inférieure se trouve évidée de façon à former quatre arceaux terminés en piliers. Tous les archéologues qui ont eu à exprimer une opinion sur ce monument n'ont point hésité à lui attribuer une origine antique. Les uns et les autres le donnent pour un autel de sacrifices païens, et assurent qu'après avoir été purifié il servit aux premiers évêques de Ruessium (1). Quoi qu*il en soit, on remarque plusieurs mortaises pratiquées sur la table , ce qui a fait dire ii, M. de La Lande qu'elles servirent à attacher les victimes au moyen d'anneaux en fer. M. Mérimée, beaucoup plus prudent , pense qu'elles furent établies dans la carrière pour l'exploitation et le transport de cette énorme masse; cependant il ne repousse pas la destination supposée et dit : « les paysans du
(1) On rapporte , dit M. Mérimée, que cette espèce de table provient d'une ancienne église du quatrième siècle, et qu'elle a servi d'autel à saint Paulien, sixième évéque du Velay; j'y ai vainement cbercbé l'inscription suivante , que les auteurs du Gallia christiana prétendent être tracée sur cette pierre :
HIC MCET HDIC TEMPLI QUI NOMBN FEGIT ET URBI INSUPER HiEC SilNGTOS CONTINET URNA DUOS.
{Notes d'un voyage en Auvergne , page 267, par Prosper Mérimée, inspecteur général des monuments historiques.)
GIPPE. A TROIS TÊTES. 233
voisinage l'appellent la pierre à tuer les bœufs , et ce nom singulier ferait croire qu'avant d'être placée dans une église chrétienne elle aurait servi à des sacrifices païens. Sa forme ne dément point une origine antique , et les vestiges romains répandus en grand nombre aux environs ajoutent à cette opinion une nouvelle probabilité. Quel que soit du reste cet autel , il est fâcheux de le voir ainsi abandonné à toutes les injures de l'air. Ne serait-il pas plus convenablement placé dans l'église ? »
Près de là , contre le mur de l'église, on aperçoit an autre fragment qui mériterait aussi plus de soin qu'on n'en témoigne pour sa conservation. C'est un bloc quadrangulaire en partie dans la terre, et dont la hauteur apparente est de 1™ 50 environ sur 0"* 50 de côté. Le sommet de cette espèce de pilier se termine en forme de pyramide tronquée ; sur sa face sont trois têtes sculptées en relief sur une même ligne. La destination de ce monument ne BOUS semble pas douteuse ; il en existe un trop grand nombre de semblables pour qu'il soit possible de méconnaître un cippe funéraire, jadis élevé sur la tombe de trois personnes étroitement unies, et dont on semble avoir voulu retracer les images. Encore aujourd'hui on trouve, sur la place du village