SILOS, PUITS ET CITERNES
» par les oracles qu'elle rendait , a donné de l8u> » célébrité au rocher. » Puis plus loin, dans sei^ conclusions, déterminant la place que ce masqué» devait occuper, voici comment sa fantaisie dispose le théâtre, la scène, les acteurs. Sa pensées dramatise, et les efforts de sa science Tiennent ensuite motiver son poème :
< Les débris et les issues mystérieuses que
» Ton retrouve encore sur le rocher, dans son sein » et dans ses environs, révèlent les moyens se- » crets employés par les prêtres pour faire parler » leur divinité et en imposer au peuple. — Au » bas du rocher était une œdicula\ c'est là que les » pèlerins, ou consultants, faisaient leur première » station, qu'ils déposaient leurs offrandes et ex- » primaient leurs vœux. — Un conduit souterrain » conununiquait de cette œdicula au fond d'une » grande excavation percée en forme d'entonnoir, » depuis la base jusqu'à la cime du roc. C'est » par cette énorme ouverture que, prononcés » même à voix basse, les vœux, les prières et » les questions des consultants parvenaient à » l'instant même au haut du rocher, où ils étaient » recueillis par le collège des prêtres. C'est là que » les réponses se préparaient pendant que les » croyants, par une pente sinueuse et longue, ar- » rivaient lentement au but de leur pèlerinage*
SILOS y PUITS ET CITERNES. 275
7i Les réponses disposées, les prêtres chargés de » les transmettre se rendaient dans des salles » profondes, contiguës à un puits dont Torifice » venait aboutir au sein du temple. Ce puits, 3 couronné par un autel, était fermé par une pe- » tite Yoûte hémisphérique , présentant , dans sa » partie antérieure, la figure colossale d*Apollon ,
> dont la bouche entr'ouverte, au milieu d'une » barbe large et majestueuse, semblait toujours » prête à prononcer ses suprêmes décrets. — C'est
> aussi par cette ouverture qu'au moyen d'un long » porte-voix, les prêtres, du fond des antres des » mystères et de la superstition , faisaient sor^ » tir ces oracles fameux qui, en portant dans les
> esprits le trouble, le respect et la persuasion,
> retardèrent de quelques siècles le triomphe » complet et le règne du christianisme. — Telles » sont les conclusions qui me paraissent les plus • simples et les plus probables (1). »
Pour nous, il nous semble bien au contraire que l'imagination seule de l'archéologue a pu lui inspirer cette rêverie fabuleuse. Où a-t-il trouvé trace d'une œddcula? qui donc lui a dit qu'un
(1) Conclusions de l'opinion de M. de La Lande sur l'ensemble des antiquités de Polignac. {Essais histor. pages ee à 76.)
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» Aucune issue, pas la moindre trace de porte ou de pas* sage ne s'aperçoit on ne se cache dans la paroi du rocher qoe j'ai sondée; c'est tout siinplemeut un puits, maisun poilt