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440 NOTES DU LIVRE SEGO^ni.
NOTE F (Page 300)
Dom Louis Hugo, évéque de Ptolémais, abbé régulier de Saint-Diez, a fait, en 1734, une histoire des PrémorUrés, qui embrasse toutes 1rs dépendances de Tordre, c'est-à-dire près de mille abbayes, de trots cents prieurés ou prévôtés, répandus sur toute la surface de l'Europe et de l'Asie. Doue y occupe deux pages.
Les documents relatifs à la fondation de l'abbaye de Doud sont dispersés, anéantis ; les archives sont vides. — Un abbé de ce monastère raconte qu'un procès eut lieu devant le par- Irment de Toulouse, entre messire l'abbé de Doue et le seigneur vicomte de Bouzols, au sujet du droit de pèche sur les deux rives delà Loire. Les papiers de l'abbaye furent confiés à un avocat ; le vicomte perdit, mais le couvent, incapable de payer les frais de la défense, vit ses archives demeurer en gage jusqu'à des temps meilleurs.
Au nécrologc de Prémontré, ou registre de la mort des personnes illustres, papes, évéques, bienfaiteurs d<? Tordre, on lit : « Le 8 février 1189, mort de Pierre, évoque du Puy, » qui donna l'église de Doue à notre ordre. » — Cet évêque, le doyen du chapitre du Puy, le chapitre lui-même prêtèrent leur appui aux nouveaux habitants de noue.' L'évéque leur céda une partie des bénéfices de son église, et les chanoines leur abandonnèrent une part des dignités et des personnats vacants.
L'abbaye comptait déjà quatre siècles d'existence quand elle fut ruinée par les habitants du Puy, lors des guerres de {a ligue. Elle resta en cet état jusqu'au règne'de Louis XIII, et ce fut en 1640 que Dom Martin Barry releva les bâtiments et racheta des mains des laïques les biens de Tabbaye. Dom Martin s'occupa du spiri(ut;l autant que du temporel. Après
avoir restauré ou plutôt reconstruit le monastère, il lui fit rendre les prérogatives dont il avait joui, enir'autres , le droit pour l'abbé d'être assis dans le chœur de la cathédrale en qualité de Personnat. — Il força, par arrêt du parle^ ment, le syndic et l'université de Saint-Mayol à lui rendre hommage. Il reprit ses droits de suzeraineté sur Saint-Germain-Laprade , Saint-Martin-de-Fugères , Sainte-Marie-de- Pontempeyrat, Craponne, Saint-Julien d'Ance, la Souheyve» Chanibouichat, etc.
Les bâtiments de Tabbaye sont disposés carrément autour d'un cloître où l'on aperçoit encore plnsieurs fenêtres ogivales. — L'église est un immense vaisseau coupé en forme de croix. Le sanctuaire et quelques voûtes subsistent encore. Ces voûte), peintes à la fresque, portent quelques inscriptions qui ont bravé le temps. Sur une d'elles on lit encore :
Omne maledictum non erit amplius.
Sur celle qui séparait le sanctuaire du reste de l'église , pour rappeler a»x fidèles la majesté du lieu, on a écrit :