LE CITOYEN JACQUES GUITABO
» C'est lui, ce sacrilège hérétique, qui nous a pour- » chassés et tous les jours nous pourchasse encore ; » c'est lui qui fait au pauvre peuple tant de dure- » tés. C*est pourquoy, surmontés de colère, à demi- » enragés, ne craignant transpasser les limites delà » raison, ils délibérèrent s'ils ne dévoient bouger du f^ lieu, s'ils y dévoient mourir, s'ils n'entreroient pas » dans la maison pour le prendre et le meurtrir. » Plusieurs apportèrent de gros marteaux , em- » ployèrent leurs humains efforts, et par une incré- » dible fureur , faisant grant bruit , scandaleux > tintamare , ils brisèrent la porte et entrèrent » pour y rencontrer leur homme qu'ils ne trouvé- « rent point, car il s'étoit garanti par le couvert de » son logis ( 1 ) . » « Mais ils dérobèrent et pillèrent » son bien, ses meubles, ses draps, ses marchan- » dises, ses papiers, enfin tout ce qui se rencontra. » Lui, depuis onc, ne fut vu, et à bon droit (2)... » Cependant les consuls, qui se trouvaient alors réunis dans un splendide festin chez le capitainemage (3), n'intervinrent que lorsque tout fut terminé . En cette circonstance ils manquèrent essen-
(1) MÉDicis, t. n, feuillet32l. — (2) Burel, t. I, page 10.
(3) Ce jour, Fe soHempnisoient et célébroient les nopces de deux en/ans du seigneur capitaine-mage (]e la ville, bonorable homme sire Pons Yrailh. Tous au souper estre assemblés et bien assis à table. Là où eetotent grande partie degen$ d'hon-
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tiellement à leur devoir , quoique puissent dire Hédicis et Burel. Sans doute qu'ils obéirent à leurs sympathies personnelles, à Tesprit de lapopiilatioD, qui eût mal accueilli une intervention favorable aux hérétiques» mais, comme magistrats, leur premier soin devait être de faire respecter Tédit et d*assurer à tous une impartiale protection.
Au rapport qui lui fut adressé sur cet événement, le roi expédia, en qualité de commissaire dans le Velay, un conseiller au grand conseil, maître Leroux, huguenot. Celui-ci, à peine arrivé, renonça à poursuivre son enquête, tant il reçut d'outrages de la part des citoyens et même des autorités. 11 accourut porter ses doléances devant le conseil ; les habitants de leur côté y députèrent Tévéque pour faire excuser leur conduite. Sur ce dernier incident, sans rien préjuger au fond, le lieutenant principal de la ville et quelques autres furent jetés en prison, et Taffaire remise entre les mains de la justice. Enfin, après de longs débats, le parlement de Toulouse rendit un arrêt, confirmé par le parlement de Paris, qui condamnait Claude Arnaud, contumace , à être pendu en effigie devant la maison du citoyen Jacques Guitard.
neur de la ville tant d'église , justice, seigneurs consuls, bommes et femmes de bon estât (Le reste manquej, HéDicis.