‹ Histoire du VelayChapitre 2 sur 125 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Le Yelay est une contrée éminemment catholi* que. On sent, aujourd'hui même encore, que la foi de ses premiers apôtres a jeté de vivaces racines dans les entrailles de cette terre toute méridionale; ses habitants Font reçue au berceau bien souvent comme leur unique héritage. Ils aiment les pompes éclatantes, les solennités pleines de magniflcence de leur culte, Thistoire de leurs sanctuaires , les pieux récits dont les chroniques de Notre-Dame du mont Anis conservent précieusement le souvenir. Et comment, surtout au moyen-âge, n'auraient-ils pas aimé les merveilles de leurs légendes, eux à qui le miracle avait été donné conlme un gage de la prédilection d'en haut, eux pour qui il avait engendré ces pèle-

rina^^es, ces jubilés et ces grands marchés forains, sources de prospérités séculaires?... Ce sentiment les saisissait presque avec la vie. Us en aspiraient les principes avec le lai t de leur mère ; ils le sentaient chaque jour se fortifier, autant par la reconnaissance que par les acclamations de ces milliers de pèlerins accourus des plus lointains pays pour rendre témoignage de ce qu'il fallait croire.

Les Velaviens ont toujours eu de la race robuste et fière des montagnards deux qualités profondément empreintes dans Tâme : Tamour du pays natal et le respect des traditions. -- L'amour du pays natal, d'autant plus passionné que la providence le féconde sur les sols les plus arides; le respect des traditions, d'autant plus enraciné qu'il est comme la loi patriarcale des vieux foyers de la* patrie. Celui-ci maintient dans les habitudes de la contrée cette hospitalité franche toujours si largement offerte, cette probité naturelle que les rudes épreuves de la misère ont bien de la peine à corrompre; celui-là imprime au caractère ce dévouement énergique, cette ardeur généreuse qui réfléchissent sur chacune des pages de

notre histoire de si dramatiques couleurs. Foi, probité , patriotisme sont donc les trois mots inscrits sur la bannière des enfants de l'antique dvitas

Vellavorum libéra.

Tels ils étaient il y a quinze siècles, tels nous les

avons vus traverser les orageuses époques du moyen- Age, tels nous les retrouvons quand le schisme de Luther s'avance en murmurant du fond de rAllemagne jusqu'aux pieds des Cévennes. C'était avec des chants de triomphe qu'ils avaient suivi et le preux Adhémar de Monteil sous les murs d'Antioche, et leur intrépide évéque Pierre de Gfaalancon sous les murs de Béziers. Ce qu'ils avaient fait alors, ils l'eussent fait probablement de nouveau. Au fond du cœur les partisans de l'hérésie du XYI® siècle ne leur inspiraient pas plus de sympathie que n'en avaient inspiré à leurs aïeux , trois siècles auparavant , les Albigeois elles Turcs. Le schisme , pour eux, c'était l'apostasie , et ce mot seul les indignait , car il leur semblait moins le symbole d'un affranchissement social que celai d'une défection de conscience. Nul doute, par conséquent, que si la question se fût exclusivement posée au point de vue du dogme, elle ne fût restée sans échos dans les montagnes du Yelay. Mais il arriva que les passions politiques qui agitaient les hautes régions eurent bientôt jeté le trouble dans les classes inférieures , et qu'elles s'emparèrent de cette cause brûlante de la réforme religieuse pour en faire l'instrument des plus implacables discordes. L'heure était, du reste, bien opportunément choisie. D'un côté, le rel&chement de la discipline religieuse, lignorance du bas-clergé, la sécularisation

des moines, l'aiiibitioa des prélats qui cherchaient à accumuler bénéfices sur bénéfices, abandonnant la direction de leurs diocèses à des soins mercenaires, la lutte fatale entre les Âugustins et les Dominicains, à propos des prédications sur les indulgences; de l'autre, la corruption des mœurs, l'énervement de la noblesse appauvrie par les guerres, le découragement de Findustrie paralysée par nos désastres, la misère du peuple que tant de fléaux réunis laissaient sans espérance d'un meilleur sort ; tout concourait à assombrir l'horizon, et à charger la nue déjà gonflée d'orages. Sous les cendres amoncelées de tant d'auto-da-fé cruels, il s'était conservé dans le Midi plus d'un brasier mal éteint, et, dès que le souffle révolutionnaire eut passé à travers ces restes d'incendie, la flamme dut être promptement rallumée.

S'il faut en croire Théodore de Bèze, la réforme commença à être prêchée aux portes du Velay en 1528 par deux cordeliers, dont l'un fut brûlé à Vienne, où vingt-cinq autres luthériens étaient déjà incarcérés. — Quatre ans plus tard, en 1532, plusieurs étudiants étrangers, venus à Toulouse pour suivre les cours de l'université, y propagèrent avec une telle ardeur les doctrines nouvelles, qu'il ne fut bientôt plus possible de douter du péril. Malheureusement, au lieu d'opposer à l'entraînement qui se

manifestait sar tous les points, plas de modération dans la cbaii;e des églises, plus de prudence dans les leçons des écoles, plus de calme et d'humanité dans les décisions de la magistrature, un esprit de vertige sembla faire prendre à chacun le contre-pied de ce qu'il devait faire.

Louis d'Orléans , archevêque de Toulouse, ne daigna même pas mettre le pied dans son diocèse. Le cardinal Odet de GhfttiUon, par une fatalité plus funeste encore, ne parut sur ce siège délaissé que pour y donner le spectacle d'une jscandaleuse abjuration. Pendant ce temps, des professeurs tels que Jean Boissonné, des prédicateurs du haut des tribunes paroissiales, jetaient en défi à la foule exaltée des paroles de feu, auxquelles le parlement répondait en renouvelant les terribles sentences de Montfort. U croyait étouffer ainsi dans son germe une semence qu'il ne faisait que féconder par les supplices. Il envoyait des commissaires dans toutes les directions. Les procureurs généraux, précédés d'inquisiteurs, suivis de conseillers , parcouraient la sénéchaussée de Beaucaire, lançaient des monitoires, et procédaient fiévreusement à de secrètes informations. Ici et là, à Montpellier, à Nismes, à Bagnols, à Ânnonay, des exécutions à mort marquaient partout les traces sanglantes des pas de la justice.

Le zèle du parlement et la rigueur des juges ex-

citaient au plus haut degré rirritation non-seulement des ennemis de l'Eglise , mais souvent aussi de l'Eglise elle-même qui , dans ces investigateurs mêlés de clercs et de laïcs, ne pouvait voir que de dangereux auxiliaires. La magistrature, en effet, ne se contentait pas de frapper à outrance ceux qui , signalés comme entachés d'hérésie , portaient le désordre dans les institutions séculaires du catholicisme, elle dirigeait en même temps avec une égale impatience ses enquêtes contre les abus dont se plaignaient les sectaires. Protectrice de la foi légale, elle crut devoir stygmatiserénergiquement les excès dont la religion pouvait avoir à souffrir de la part de ses ministres. C'est pourquoi, dans sa croisade à travers les provinces, elle ne prit pas assez garde qu'elle encourageait les réformateurs en se faisant réformatrice elle-même et en déchirant avecun brutal éclat les voiles qui couvraient des infirmités dont la foi n'aurait jamais dû devenir sohdaire. Il arriva dès lors que, dans l'accomplissement excès* sif de cette double mission, passionnée par les résistances de l'un et de l'autre parti, die inspira tout autant de terreur par son flambeau que par son glaive.

 mesure que nous avancerons dans cette triste histoire de nos guerres civiles, nous nous sentirons tour-à-tour émus de compassion et de colère, car

tour-à-tour nous assisterons au spectacle des plus cruelles viscissitudes, des plus violentes réactions* Les victimes de la veille seront les oppresseurs du lendemain, et les uns autant que les autres, selon qu'ils resteront victorieux ou vaincus, se croiront ou le droit de frapper, ou le droit de préparer de sanglantes représailles. Au milieu de cette société féodale sur son déclin, usée par les excès autant que vieillie, à travers cette complication de faveurs, de bénéfices, d'immunités ecclésiastiques, de privilèges de noblesse, d'usurpations, d'exactions, d*oppressions de toutes sortes, on ne saurait être étonné qu'au cri jeté d'en haut comme un signal de délivrance, on répondit d'en bas par les plus sympathiques efforts. Sans doute c'étaient de grandes causes à défendre, celles de la loi , du pouvoir établi , de l'ordre et de la propriété tels qu'ils étaient alors constitués ; sans doute c'était une cause plus sainte encore, celle de conserver à l'abri des querelles et au-dessus de toute attisinte une foi dont quinze siècles avaient héréditairement transmis au monde le dépôt sacré ; mais le besoin de relever le front courbé par la violence, le désir de s'arracher à la servitude, le droit de conquérir l'indépendance par le travail étaient certainement aussi une œuvre bien capable d'exalter héroïquement les Ames.

Ce sera donc sous ces deux aspects qu'il faudra sou-

vent, pour le juger avec impartialité, contempler le spectacle dont nous allons rapidement esquisser les affligeants tableaux. Après tant de siècles écoulés il nous sera facile, nous l'espérons du moins, de ne subir aucune de ces influences passionnées auxquelles les contemporains eurent peine à se soustraire. Nous saurons voir, à côté de cupides intérêts faisant le trouble pour arriver à la spoliation, de nobles sentiments sacrifiant tout pour le triomphe des idées généreuses. Si nous constatons que trop souvent de cruels instincts se sont cyniquement cachés sous la cuirasse du huguenot et sous la cape du ligueur pour mieux assouvir des vengeances depuis longtemps calculées, nous reconnaîtrons aussi que ce fut par pure aspiration à un affranchissement social que de sincères catholiques se trouvèrent presque irrésistiblement engagés dans les conjurations calvinistes, et que le même élan emporta le réformateur politique avec le réformateur religieux. A vrai dire, chez beaucoup, l'abandon du catholicisme n'eut pas une autre cause. 11 faut donc se garder de confondre ces hommes agissant dans toute la loyauté de leurs convictions avec ces prétendus religionnaires organisés en hordes de pillards nomades, gens sans croyances et sans honneur, toujours prêts à se vendre comme les anciens routiers dont ils semblaient poursuivre les désastreuses destinées.

U n'existait pas au moyen -âge entre les mains du pouvoir royal d'institution plus redoutée que celle des GRANDS JOURS. Ce fut surtout en en multipliant les sessions, jusque-là si rares, que la couronne parvint à faire de la magistrature des parlements du XVI« siècle l'auxiliaire le plus énergique de ses réformes, malheureusement aussi l'instrument quelquefois trop docile de sa politique. — Les grands jours^ chacun le sait, étaient des tribunaux souveiains que les rois établissaient dans les provinces pour y réformer les abus qui s'introduisaient dans l'administration et dans la justice. Ces tribunaux, composés d'un certain nombre de membres du parlement,

avaient plénitude de juridiction, et leurs arrêts civils ou criminels, exécutoires le jour même où ils étaient prononcés , rendaient souvent d'immenses services au pays. Ils répandaient une terreur salutaire dans les châtellenies , ils allaient frapper les têtes le plus à l'abri des atteintes de la répression , et faisaient ainsi descendre un peu de confiance dans l'âme des peuples asservis au joug féodal.

Dès le milieu du XVI« siècle nous voyons les grands jours se tenir alternativement et presque, d'année en année dans chacun des diocèses du Languedoc. A n'en pas douter, la question religieuse était celle qui préoccupait le plus sérieusement les esprits. Ce fut surtout, disent les édits royaux, pour extirper cette mallieureuse secte luthérienne que la jtfstice, errant à travers le royaume , promena son glaive et fit dresser des fourches patibulaires aux portes de ses prétoires. Un président et douze conseillers au parlement de Toulouse furent successivement envoyés : le 14 juin 1541 à Nîmes, le 22 juillet 1 542 à Fleurance , le 5 mai 1 548 au Puy , le 7 août 1550 à Béziers, etc., avec mission de réprimer les abus et de travailler de tout leur pouvoir à l'extinction de la pestilentielle erreur qui se répandait avec une si effraya/nte rapidité.

Les lettres royales prescrivant la tenue des grands

jours àu Puy furent enregistrées au parlement de Toulouse le 27 juin 1548. La cour, après leur enregistrement, ordonna par un arrêt qu'ils s'ouvriraient le premier septembre suivant, et qu'ils seraient clos le dernier octobre. Cet arrêt, notifié aux consuls dans les formes ordinaires, ceux-ci s'empressèrent de convoquer à l'hôtel-de-ville les conseillers et les notables de la cité. L'assemblée ignorant les usages à suivre en pareil cas, puisqu'il n'y avait pas encore eu de grands jours au Puy, fat d'avis de déléguer un de ses membres auprès de la cour afin de prendre ses ordres. Ce fut le second consul, noble Pons Bordel, dit Irailh, auquel cette mission fut confiée.

La mesure la plus essentielle était de rechercher et de disposer sans délai un local digne de la solerfnité de pareilles audiences, digne des exigences d'une justice qui avait à évoquer devant elle tant de graves litiges, tant d'accusés sérieusement compromis. Examen fait, il se trouva un seul hôtel assez spacieux et dans d'assez honorables condi tions, c'était l'évêché. En conséquence, les consuls firent sommer l'évêque d'avoir à céder son palais pour cause d'utilité générale , et le requirent en même temps de faire procéder à tous les préparatifs nécessaires. Monseigneur Frcmçois de Sarcus était absent, mais ses vicaires généraux

refusèrent en son nom de parliciper aux frais d'agencement proposés, et se contentèrent de mettre le palais épiscopal à la disposition de l'autorité administrative, laquelle nomma aussitôt une commission chargée d'exécuter le programme rapporté de Toulouse par le sieur Irailh (t).

Le vendredi 31 août, on annonça que le hautcommissaire du parlement arrivait avec sa suite de Saint- Privât où il avait passé la nuit. Aussitôt les seigneurs conseillers, les avocats, les procureurs et les autres gens de justice, le vicomte de Polignac et les gentilshommes, messieurs du chapitre, les consuls en robe rouge, les nobles, les bourgeois et les marchands de la cité, escortés de flots de populaire, s'acheminèrent à sa rencontre à plus

(1) Sy, vint et arriva tantost après ung huissier de la court du parlement de Tholose, pour veoir les préparatifs qu'on avoit faicts, et pour prendre et marquer les logis de nos seigneurs du parlement. — Ce temps pendant, plusieurs prisonniers, atteints et maculés de beaucop de titrés criminels , furent amenés et conduicts de plusieurs partis, aulcuns garotés avec sures gardes, lesquels par commission patente expressément furent baillés à la garde des seigneurs consuls qui les mirent es-prisons de monseigneur rofûcial avec esta^ blissement de bons concierges, niec leur fomirent paille pour coucher. — Sy, firent murer à chaulx et sable la porte respondant es-degrés de lachiesa, etc...

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d'une lieue sur la route du midi. — Quand le cortège fut arrivé à l'arbre Saint-Jacques, le bruit de plus de trente canons, mêlé au son des cloches de toutes les églises, fit savoir à la cité que monseigneur Durand de Sarda^ président de la suprême cour, venait de faire son entrée solennelle au Puy, et que les grands jours allaient s'ouvrir.

Après rinstallation du président, auquel on offrit l'hôtel de noble Jacques Maurin, seigneur de Chàteauneuf et du Béage, les consuls firent porter chez chaque magistrat de la cour et chez les autres personnages distingués appelas aussi par quelques devoirs de leur charge, Thypocras, les dragées, des torches, du vin et des provisions pour eux et pour leurs équipages (1). La soirée fut ensuite remplie par les visites et les politesses d'usage. Le roi de la bazoche de Toulouse et le roi de la bazoche du Piiy, l'un et l'autre à cheval, parcoururent, suivis d'un nombre considérable d'avocats et de clercs, toutes les rues de la ville. Us allaient en grande cérémonie porter leurs hommages à messeigneurs du parle-

(I) Pour une fois tant seulement à leur venue, pour leurs cbevaux et montures : foin, cinq quintaux ; paille cinq quintaux; avoine, six ras. Et chaque jour, durant le temps qu'ils demeurèrent en ville : à leur dîner, deux pots de bon vin clairet ou blanc.

M8S. de Medicis.

ineDt et à leuis juiiiuipaHx confrères. Lu ville était illuminée ; totil avait un aii' de fête.

Cericiidanl, il élait a\é(; tic voir, malgrO ces appai-encès, dé, courtoisie ,et jsresiiue denlraiti joyeux, qii'iirie sorte dé vague terreur tlomiuait les cs|mls. On ne sa le disait pas, mais eliacun se, deuiandait si lui ou $\ nuojtiu'uii (les sjens n'allait pas avoir à comparaître devant le tribunal redont(';. On savait, en elJTet, tiu'iridt'poniiamment des cause= inscrites et publiées, il existait un rùle d'alTairos secrètes qui ije seraieiit connues qu'au nioiiient mÉmc où les ^rréts de la justic^; les mettraient en lumière. Du reste, il no fut pliispcnnis de douter lonçteaips du caractère sombre et menaçant de ces solcnnelies assises. \ peii|ie les cérémonies religieuses destinées à inaugurer les travaux des grands jonrs élaienlelles achevées (!), que les offiticrs de la cour commune i-cçureht l'ordre de faire dresser au sommet i}^,,jl% mpatagnp.ide Roazon, ea facç de J& ville, quotité.. ^nâs.giJ^ets au lieu de tooisiii]u'ii -y avait aiq^arÉvantiet i^ii, depuis plus' de Tinut années, Eivaient été i briéés par' îa tempête sans qu'on eût songé à les relever. De plus , ou fit placer aux trois points les plus ajparcnts do la cité (à, la fontaine de la RédoifÇi sur le Fom de Cothnol à la place

m Voir, à laltD du livre tr«m|er,)ik,NpiB i.

des Tables, et à la rue de Vienne), trois piliers en pierre surmontés des armes du roi, auxquels furent rivés des chaînes et des cercles de fer pour y alta cher au pilori les gourmands et les blasphémateurs(l).

Ces dispositions prises, la cour commença ses travaux sans désemparer. Chaque jour de nouveaux arrêts, publiés à son de trompe aux quatre faubourgs de la ville, annonçaient au peuple que la justice du roi, égale pour tous, n'avait d'égards ni de pitié pour personne (2). Trois criminels furent brûlés, un fut pendu , quatre furent décapités et écartelés. Un de ces derniers était prêtre ; avant son supplice on le conduisit pieds nus, la corde au cou, sur la place du Forn de Gothnol , au bas du grand

(1) ces trois piliers en pierre, bien taillés et façonnés aux armes du roy, nostre Seigneur, avec chaînes et cercles en fer pour y mettre au collier les gourmands qui se trouveront venant es-tavernes et cabarets, et pareillement leurs botes, sans espargner ains les infracteurs de toute vraye politique, ordonnances et arrêts sur ce prononcés. Et là, publiquement demeurer par tel espace de temps que par lesdits officiers et consuls en sera sur ce ordonné. Et pareillement ainsi faire des rénieurs et des blaspbémateurs de Dieu...

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(2) Voir, à la fin du livre premier, à la Note B, les principaux arrêts rendus aux grands jours duPuy en 1548.

escalier AéU caïfiêdralë. Là on le dégrada et on lui lit fafrè'àniende'hbnôtaWe' à 'genoux, un cierge de ciré jàùnè à tel' riiaïW. ' Dît libnlttiefe ou femmes furent fustigés publiquement, treize furent pendus "en'éï%ie,'t)1ùsieiiré'>et[^ire^^^ <imtter le

%ii\{vàeV'itHvlttéé'birëtit ctî)liifraiiit» ^dé palyer des âmèhaës, eilftii "un ^tiantl nombrfe- trôUvèr^fM grtce 'èVWéiimâbùsV ••' '''"• •"'■ "'■•^: - " / - ^^'1 Itti' désirèriilèî^'iri^êts' rèrt'dùs' fttt dèlui itui-^rdonnâWïâ réforme' des c6uv&nt$'de$WeUgieuw mendiants de la ville dû Puiii rfîàiè, saris coftlrédit, la sentence qûï produisit là" plus vîve'îtbprèssion fut celle ' ècmcét^hanf la police ecbUèia^iquè ^ dio^ ^èësk. te^ réquisitions du procdreùKgéhértl étatent prédîmes.'* Attendu, disaiént-'eïles, les afciis, les tié- * sordtes, les insoîencès dans riadmînistralSoû des h Saints îSacreiiiénts èf les^ exactions îndlies pour » raison d'ydenlx';* attendu les malversations des i' gens'd'églîse, tant dé Féglise éathëdrâde du Puy, / que àultrefs églises dti ressort dicelle court et ré- » siiltafrlt dès actes et înfôrmaWoris sur ces faicts... » Requérons, etc. » — 'Le ministère public fut entendu dans l'articulation de tous ses griefs ; Hugues de' Cotiblàdour, vîcatfé général' de ^révèque, ainsi q^iele' syndic du chat)ltre ï'épôndîrent à leur tour lohgucfïrient, et là couf ofdotma quHl serait plus amplement infontoé quant aux faits. Totitèfois la déci-

sion qu'elle rendit suffit à g^je se^lç çpur démonirer combiçii /^|l^it,J^II^péf^ç^^e,,ç^,..^^^^^ la

nécessité .<^e^ftfï;,^'^i}ç„m^;pripp ]^ f^iff^^ pas-

tOraiÇ» ,,(1,1 .\r, t .;irM|.Mi;>ti.[M'T r:*-'.'tt^'i| tn- -l

L'ar^èt cpns^ate, ei^,je^pt^,qù#, j^ ^m}^^9, 4^. Pf*'

très e^ ei^fieçsif,, iqW^c'jÇ^tifHrJqirt^fH^^.CTÎF^fP® ignojancp;. ,qw,esy fiHPi^efJ^p^y? ^f^j^Se ^^^ ^^^^^^

dales qui se produisent et des hér^çlj^s^i^i^j.^s^.pilopageqtM Eç, ççttS^qj^ï^pe^.^},,,déj[p^^,.à,]'éY^,^^ du dipcèse,e,t ^fnx, d^trç^^yknw^ ^u, ressprt ^ç ponférçr les prdrfiç,^çr^,saj;^9. s'^tr^ li^en ,sérfpu^^ii[i^nV assurés p^tr^ayaT^çp A^ (y§ppsil,i(WS:.çjt Ae^,9?^)^d^^^ post^ljMlt^, à W pr^Â^e,r-il. se préflfic^pp ^eii^iept

des ress(Hip?çs,,|d^^?^ ^Çjfsç;^ » .|Çt-J?r/^SW* )? P^^"^ rigourej)^. vigUappe, eu ce qv^ çpaççrçe les deniers pieux détou^iés.fl^ Içiur yérit^bl? 4e§tifla^p,a, — Il recomnoapde, J4,dépei}c% 4^»$ ^e.co9.tum$ ecclésiastique,, et p;r4opi\e ^^r^çuJji.èr,çm(j^V sfV*, chanœnes de suivre déyot^^çnt les, prpiçcssipns auxquelles ils assistent, au jieu .dç s'arrêtcir çà pt. là par les l'ues , comme U^ le fpnt, quittai^ ^u.rs ornements dq cérémonie pç^r. ,^lei: bpirp et mangiçr, eiç.., , ,;

Quoi, qu'il ep 30il, des résultats inçon tes tablepie w t salutaires d^.cptte souveraine et çxcepUo^çJWç^Jviridiction au point d^ vue ado^^nistratifptjiidiciaire, on se demande guellç dut.êtrc spn.influenae. sûr les

esprits, relativement aux questions religieuses. S'il faut en juger par les actes qui suivirent presque aussitôt cette sorte de compression partout exercée, on serait tenté de croire que, loin d'éteindre les aspirations d'indépendance politique, sociale et religieuse, elle ne fit que leur prêter une énergie nouvelle. Si les personnes que poussait le désir sincère d'étudier cette grande thèse de la réforme étaient mécontentes des violences opposées comme un obstacle à leur libre exaijaen, de son c6té, uous l'avons dit, le clergé ne voyait pas avec une douleur moins profonde cette incessante immixtion des parlements dans toutes les affaires de la discipline et du dogme. Il jugeait au moins peu opportunes ces enquêtes accusatrices, et pensait qu'au moment où le catholicisme menacé devait être défendu comme une loi du royaume, ce n'était pas l'heure de le livrer ainsi à ses plus implacables détracteurs.

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Çe^.luf i;aA 15Aft)qup.lep mécontents du. Puy^ encpre,ei;i nçtU iiQoibrQ , tentèrent |e premier acte d'i^surrecUpp religieux* Ui& s'fsn /prirent à unorucifU, pl^ç|&,^ms.]|çs xpurs du Brieuil, qu'ils, «avaient particulièrement Y^O^f^. 4w^ lej.pftyp. .Quelquesuns des plus hardis, armés de pierres et de b&tons, vinrent le soir du lundi-saint, au moment où sonnait le couvre-feu, et brisèrent en mille pièces la sainte image du Sauveur (Ij.

Si , comme tout porte à le penser , leur intention était de sonder Tesprit public , l'émotion de la foule témoigna douloureusement combien cette tentative était encore prématurée dans la ville

(1) Voir, à la fln da Uvre premier, la Note C .

épiscopale. a On vit les gens en larmes, dit le » chroniqueur , s'assembler par troupe , prêts à » recevoir du ciel un châtiment soudain. » Pourtant, il faut l'avouer, chez tous la tristesse ne fut pas aussi sincère qu'elle le semblait. Quelques artisans, qui dans la journée avaient fait éclater une violente indignation, retirés, la nuit close, dans les quartiers obscurs, se convoquèrent à petit bruit. Ils parlaient bas, mais discutaient avec chaleur. On raconte même qu'ils essayèrent d'expliquer le sacrilège au profit du pauvre peuple , ce qui ne s'était jamais ouï. Néanmoins on fut discret , et le lendemain , à l'heure de l'angelus , les séditieux furent les plus empressés à porter la dolente nouvelle au guichet de Monseigneur, en se frappant piteusement la poitrine.

Sans perdre de temps, l'évèque assembla chez lui les notables , pour déciiler une réparation digne de l'injure. Cette réparation fut prompte et solennelle. Le même jour, à midi, les boutiques se fermèrent comme aux fêtes majeures, le travail cessa, les cloches sonnèrent à pleine volée, les crieurs se répandirent par les rues, faisant savoir que le peuple était attendu vers Notre-Dame pour une procession expiatoire. Chacun vint aussitôt. Les confréries se classèrent par ordre dans l'église, sous les parvis ; on commença au fond du sanc-

tuairè lej^ psaumes de la pénitence , et les fidèles s'avancèrent vers le lieu de la profanation, faisant retentir les airs de leurs cantiques lamentables. « Oh! dit le pieux Médicis, qu'il faisoit beau voir V ces gens de métiers, tètes nues, portant leurs

1 torches ardentes Et le peuple qui regardoit

> passer cette procession, dont la cause étoit un » tel scandale, frappoit alors son estomac avec » efTusion de grosses larmes , chacun de tout son 1 cœur criant : Miséricorde! Miséricorde /.. »

L'année suivante, malgré un si amer repentir, l'oratoire de la place du Martouret fut outrageusement violé , le Christ fut brisé, les ex-voto furent traînés dans la boue. L'audace se montra plus inso* lente encore que jadis, car c'était au milieu même de la ville que venait de se commettre le forfait. La justice ecclésiastique, ainsi provoquée, ordonna sur le champ les plus rigoureuses perquisitions. Cette fois, impatiente de punir, elle voulut offrir au peuple un spectacle plus efficace que celui d'une stérile douleur.

On recherchait les coupables, lorsque tout-àcoup éclata un incendie qui;» en quelques heures, eut dévoré près de quatre cents maisons. L'imprudence d'un tavemier avait été la seule cause du désastre , mais certains intérêts vigilants voulurent trouver dans ce malheur une punition d'en-haut.

Peu après , deux hommes eorwcmcus d* hérésie furent conduits pieds nus , la corde au cou, sur cette même place du Martouret , et là , à la lueur de torches funèbres, furent forcés deyant toute la multitude de faire amende honorable à Dieu , à la sainte Eglise et à Notre-Dame ; ensuite le bourreau leur arracha la langue et jeta leur corps mutilé dans les flammes. Ceci se passait vers les premiers jours de juillet 1552.

A son tour, le pouvoir essayait l'opinion. Il crut la voir favorable à ses rigueurs, et désormais il se fit impitoyable. Deux voleurs, Rochier et Belin, s'étaient introduits dans uûe paroisse pour dérober un calice. On les prit y on les jeta dans un cachot , et, quelques jours à peine écoulés, ces infâmes hérétiques , dit le chroniqueur , furent condamnés, celui-ci à avoir la tête tranchée, celui-là à être pendu au pilori de la montagne. — Deux autres hommes , prévenus de fausse monnaie , furent arrêtés par ordre du prévôt de la maréchaussée et livrés au feu comme luthériens. — Et encore , l'an 1 555 , au récit de Médicis , deux scéléraiAssimes hé-repiques furent exécutés sortant de la ô9ur commune. On leur coupa la langue , on les lia sur une claie , puis , traînés* à demi-morts sur la place pu* blique , où le bourreau les attendait , on les brMa au milieu d'un auto-da-fé de tom ces livres p&tifé^

l^tlElllERS TROUBLES AU PUY. 25

réspar les doctrines de Genève (t). C'était en plein soleil d'été, par un temps magnifique. Comme on avait choisi le jour de la foire de la Dédicace , plus de douze mille personnes assistaient au supplice, en compagnie des officiers de la cour royale et de la cour commune, avec nos seigneurs les consuls qui tous , en riches costumes , paradaient à cheval.

Plus tard , en 1557 , un méchant colporteur, surpris vendant les vitupérables écrits de Calvin , fut emprisonné. Condamné à être occis par la main du hourreau, il fut conduit à la mort le jour même de la Fête-Dieu. La grande procession parcourut la ville, chantant des cantiques. Les murailles étaient couvertes de tentures élégantes , les fenêtres pavoisées de feuillages, les rues bordées de fidèles agenouillés. La marche s'ouvrait comme un triomphe , par des fanfares retentissantes. Les ordres de métiers suivaient avec leurs drapeaux ; ensuite les congrégations religieuses avec leurs bannières; puis les jeunes vierges et les enfants, vêtus de tuniques blanches , semaient des roses et brûlaient des parfums. Tout le clergé du pays, avec ses somptueux ornements, venait derrière d'un pas solennel, servant d'escorte au Saint-Sacrement que Monsei-

(1) Mémoires inédits d'ETiENNS Médicis.

gneur tenait élevé dans ses bras. Les consuls portaient eux-mêmes le baldaquin ; douze enfants de chœur encensaient, douze jetaient des fleurs. Enfin, le cortège se terminait par le patient qui suivait à grand'peine, le corps plié dans un fourreau de toile, les pieds nus, les bras liés, la corde au cou, une torche de cire dans la main droite. Chaque fois qu'on s'arrêtait , le malheureux tombait à genoux et faisait l'amende honorable , de par ordre de la justice.

Cette longue agonie dura trois grandes heures ; puis , comme les victimes antiques qui ne connurent de plus belle fête que celle de leurs funérailles, l'hérétique monta sur le fatal bûcher , au milieu des farandoles populaires.

Ainsi donc , la profanation de quelques oratoires fut bien cruellement vengée. De trop zélés défenseurs de la foi voulaient voir des ennemis partout ; et s'il arrivait que certains bandits , peu soucieux de tel ou tel culte, eussent mérité le gibet, le jugement ne manquait jamais de les flétrir du sceau de la réprobation luthérienne.

Tandis que notre province voyait germer l'hérésie jusque sous les murs de son église sans pouvoir s'expliquer quel vent avait port^ la fatale semence, un sinistre événement éclatait au pied du trône et donnait dans tout le pays une force politique à ce qui n*avait encore été qu'une doctrine rebelle. Nous voulons parler de la conjuration d'Amboise.

Le timide François II venait de remettre son sceptre entre les mains des Guise. Il n'agissait que par eux et ne voulait plus entendre d'autres conseils. Jeune homme de seize ans à peine , il n'avait pu connaître que l'obéissance et l'amour ; l'obéissance envers sa mère, l'amour pour sa jeune et

belle épouse. Mais ces deux nobles sentiments, qui auraient dû le rendre heureux, le perdirent à jamais, car cette mère était Catherine de Médicis, et cette épouse, Marie Stuart, la nièce des nouveaux favoris .

On voyait d'un côté , une famille étrangère qui , loin dé se faire pardonner sa rapide élévation, se plaisait à humilier incessamment toute la cour ; de l'autre , la vieille noblesse de France, Condé , le roi de Navarre, Montmorency, Dandelot, Coligny, Larochefoucault , ulcérés jusqu'au fond de l'âme de se voir repoussés, et qui cherchaient à venger leurs prérogatives méconnues. Tels étaient les deux partis en présence. Les premiers établissaient un tribunal d'inquisition en se proclamant défenseurs impitoyables du catholicisme; les seconds, coalisés pour reconquérir le pouvoir, acceptaient ce dangereux champ de bataille et se déclaraient aussitôt les souûens de la foi nouvelle. A n'en pas douter, la faveur du souverain, les dignités de l'Etat, les honneurs lucratifs, étaient l'unique but d'une rivalité jalouse qui prenait la religion pour prétexte de ses querelles.

La Renaudie, un des mécontents les plus exaltés, se fit l'agent infatigable des doctrines calvinistes. Lui et ses lieutenants parcoururent en secret le royaume, organisèrent sur tous les points de raysté-

rieuses correspondances, parce qu'il fallait, disaientils, que les bons Français se connussent enfin. Ils assignèrent en même temps, par de discrètes Intel* ligences, un rendez-YOus général à Nantes, où tinrent, au jour dit, plus de six cents gentilshommes.

Dans ce congrès occulte, la perte des Guise ainsi que Taffranchissement religieux furent déclarés nécessaires au salut de la monarchie. Pour commencer, on décida qu*une armée se dirigerait sur Blois où la cour devait se rendre, et que dans un coup de main les indignes favoris seraient enlevés. Aussitôt, afin que cette entreprise trouv&t partout un accueil favorable, on nomma des chefs particuliers chargés du soin de la propagande, chacun dans sa province . Les choses étaient ainsi convenues , lorsqu'un traître, l'avocat Avenelle, courut vendre le secret au cardinal de Lorraine.

La cour se rendit à Blois , puis, comme par caprice, continua sa route jusqu'à son ch&teau d'Âmboise. Là, le duc de Guise fit venir les deux Larochefoucault, Goligny, Condé lui-même, et, sous prétexte d'une visite au roi , les retint captifs. La Renaudie, qui ne se doutait de rien, poursuivit son plan, divisa ses forces et se hâta de marcher vers le château • Sur le seuil , au moment où il croyait la victoire certaine, des milliers de soldats armés se ruèrent avec rage sur ses troupes qui partout

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succombèrent misérablement. Le cadavre du malheureux et cent autres encore furent suspendus sanglants aux murailles. On lia les prisonniers de dix en dix autour de fagots de ramées, et on les jeta au feu ou à la Loire. Plus de douze cents furent égorgés en quelques jours, et la forêt voisine, devenue un affreux charnier, remplit Tair de miasmes infects. On assure même qu*au milieu de ces épouvantables massacres les deux rei nés eurent le courage atroce de se montrer sur le balcon en habits magnifiques, pour assister à Texécution des chefs. Que durent-elles éprouver alors qu'elles aperçurent Villemongey, le dernier de tous, tremper sous leurs yeux ses deux mains dans le sang de ses compagnons, les lever lentement vers le ciel et s'écrier : mon Dieu! mon Dieu ! ne vengeras-tu pas la mort de ces chers martyrs ?....

Si cette tentative fatale échoua, les menées secrètes qui Pavaient préparée, rassemblée de Nantes surtout, ne furent pas sans fruits. Des agents habiles, répandus dans le Midi par le prince de Condé, firent faire plus de progrès à la cause persécutée que le triomphe de la conjuration n'eût pu en obtenir. Les troupes huguenotes , commandées par Maligny, accoururent sous les murs de Lyon, où des amis dévoués les attendaient. Pendant ce temps, presque tout le Vivarais se décidait en faveur de la

réforme. A Annonay, on brisait les croix, on dépouillait les autels, on fermait les églises, et les prédicants s'établissaient sur les places publiques. A Privas, à Viviers, à Tournon, au Pont-Saint-Esprit, le même enthousiasme éclatait avec les mômes démonstrations. — Nous avons dit les causes de l'accueil que reçurent dans nos provinces les doctrines nouvelles. Nous les avonsvues, ralliées sous les drapeaux de l'émancipation politique, s'avancer peu à peu du côté de l'est, s'introduire comme furtivement aux Vastres , à Saint- Voy, au Ghambon , gravir les montagneS; passer le Lignon et la Loire, et bientôt trouver pour défenseurs, à l'ombre môme des saintes murailles de Notre-Dame du Puy, d'anciens ministres du culte catholique.

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