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PROGRES DE L'HERESIE

DANS LE VELAY

a Les hérétiques vélauniens ne sont plus si ti- » mides ; maintenant ils s'assemblent en plein so- » leil, dans les prés, dans les jardins, dans les granit ges, peu leur importe ; et là , dogmatisant sur » les saintes écritures , on les voit faire des prières » et des patenôtres nouvelles. Leurs prédicants sont \ bouchers, maçons, tavemiers et autres vénérais blés docteurs de cette espèce (1). » Aussi quand ils viennent de leurs réunions, la populace ne

(1) U%%. de MÉDicis, t. II, p. 307.

PRO(?ktÈS DE L*HÉRÉSIE DANS LE VELAT. 33

manque jamais de les accueillir par de bruyantes moqueries. Eux seuls semblent n'y pas prendre garde ; seulement, le soir, ils attachent des chapelets au cou des chiens qui courent par les rues, brisent les images de Notre-Dame quMls appellent inécha/iUe idole ^ mauvais tronçon de bois (1). De temps à autre, par représailles, le roi, le parlement, les magistrats justiciers du diocèse, allument des bûchers, plantent des potences, et espèrent toujours dompter Thérésie par la terreur.

Dès que nos huguenots montagnards apprirent la coalition de leurs frères, ils en pénétrèrent aussitôt l'importance, et, sans perdre de temps, formèrent entre eux une ligue défensive d'aboi*d, offensive plus tard. Us organisèrent en secret une caisse de secours, se nommèrent des chefs, des collecteurs, des trésoriers, des avocats ; puis ils achetèrent des armes, des munitions et se tinrent prêts. En commençant, ils n'étaient que quatre cents, mais tous bien décidés à la lutte la plus opiniâtre. Le jour où Ton publia par les rues du Puy l'édit qui défendait au peuple de chanter les psaumes composés par le sacrilège apostat Clément Marot, « ce no-

(1) « Et parce qu'elle est noire, ils l'appellent aussi Mas-

chiarade, »

{M88. de Medicis^ t. n, p. 307.)

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» nobstant, rapporte le chroniqueur, plus obstinés » que jamais, de plus fort, par tous endroits, ne » craignant Dieu, pape, roy, foy, loy, ne justice, » les chantoient, criant, par dépit, comme crieurs » d'oubliés (1). »

La ville métropolitaine du Velay servsdt d'asile aux chefs des mécontents. C'était dans ses murs qu'ils avaient dû politiquement retenir le siège de leurs opérations , car il fallait bien de toute nécessité que près de la puissance fussent placés les agents qui dirigeaient la résistance. Cependant, soit à cause de l'influence directe du clergé, soit parce que là se trouvaient réunies des forces considérables au service de l'église, le Puy était encore la ville du diocèse la plus fidèle à la vieille cause. Aussi, dès qu'elle apprit la défection de quelques autres petites cités ses voisines, dès qu'elle sut que des bandes armées s'avançaient dans le pays pour le soumettre aux nouvelles convictions, elle s'inquiéta sérieusement des moyens de conserver les siennes.

(1) Ms8, de Medicis, t. II, p. 307.

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