‹ Histoire du VelayChapitre 21 sur 125 · LE VELAY DE 1563 A · texte numérisé non relu

LE VELAY DE 1563 A

pays que ritalienne cherchait à étudier ; son voyage ne le fil que trop voir. Dans ses courses , qu'elle aimait à diriger de préférence sur les frontièces , elle s'entretint tour-à-tour avec le duc de Lorraine, le duc de Savoie, le vice-légat d'Avignon et surtout avec le duc d*Albe. C'est à Bayonne , où était venue de son côté la reine d'Espagne, la belle Elisabeth de France, sa fille, qu'eurent lieu des conférences décisives avec le perfide ministre de Philippe IL Le duc d'Albe était le plus violent persécuteur de la réforme. « Que faites-vous de qes chefs rebelles, » disait-il , frappez , exterminez-les tous . Une tête 9 de saumon vaut mieux que dix mille grenouilles. » Ce grossier propos fit une si profonde impression sur l'esprit du jeune roi, que dans le cours de son voyage il ne cessa de le répéter. Dès cet instant les calvinistes se tinrent encore plus sur leurs gardes. Condé et Coligny étaient préparés à la plus énergique résistance. Leurs émissaires parcouraient la France, racontant partout les persécutions incessantes dont les réformés se plaignaient chaque jour. Les villes méridionales, médiocrement touchées du passage de la cour, furent les premières à accueillir les nouveaux projets d'insurrection. Montauban^ Nîmes ^ Montpellier , Castres, Viviers, Tournon, Saint-Pons, Anduse , Uzès ^ Bagnols, le Pont-Saint-Esprit , etc., prirent les armes et se

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mirent à guerroyer. Chaque ville attendait un prétexte pour se liguer avec ses voisines et pour marcher ensemble contre Tennemi commun.

Pendant ce temps, le Velay demeura assez paisible. Au Puy , satisfaction avait été donnée aux religionnaires et par la condamnation d'Arnaud et par une apparente tolérance qui permettait Texercice public du nouveau culte. À Samt-Voy de Bonas, ainsi que dans les autres petits endroits du pays du côté du Vivarais, soit respect pour Tédit, soit plutôt dédain pour quelques poignées d'hommes perdus dans les montagnes, il n'y eut aucune démonstration. Les catholiques vélauniens se contentèrent de déployer sur leur territoire leurs moyens de défense. Ils réparaient leurs murailles, bâtissaient des tours, coulaient des canons , fortifiaient les châteaux (1).

(1) Ce mesme an, fust édifiée une tour au lieu ou souloit avoir le bordeau auprès du Portai et. En laquelle tour sont engravées les armoiries du roy, à or et azur, et celles de la ville. Estant les fondemens, de quatre grands pas de la mesure de moy, Jean Burel. Chacun des habitans fut cottisé en manœuvre, selon sa faculté. Moy, Burel, fus cottisé en cinq manœuvres.— Mesme an, Monseigneur de Rochebonne, pouriors gouverneur du Puy, flst faire un pont-levis et une tranchée en Corneille, pour la sûreté de la ville. On y travailloit les fêtes de Nohé et les dimanches.

Manuscrit original de Jean Burel, tome I, pages 77-78.

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