LE VELA Y DE 1563 A
L'invasion des Pays-Bas par les Espagnols parut aux protestants français une occasion favorable; ils la saisirent. Le gant fut jeté par eux, le 10 novembre 1567, près de Saint-Denis. Cette bataille , dont le succès fut balancé entre les deux partis , amena, le 2 mars 1568, l'espèce de paix signée à Lonjumeau, qu'on appela boiteuse et mal assise (1). Pendant cette paix, qui ne fut en réalité qu'une trêve, loin de déposer les armes on continua de part et d'autre à faire des levées de troupes et d'argent.
Les catholiques se montraient indignés de l'audace de leurs ennemis. Ceux du Velay surtout, qui étaient demeurés fidèles au traité, ne purent pardonner cette dernière insurrection. Aussi , par représailles et sur le plus léger prétexte , le sénéchal et les consuls du Puy ayant prétendu qu'une conjuration venait de leur être dénoncée, firent immédiatement arrêter tous les religionnaires de la ville (2).
(1) Ainsi nommée, parce qu'elle fut signée par le seigneur de Malassise et le boiteux duc de Biron ; et qu'en effet, comme toujours, on en revenait à réclamer et à promettre sans bonne foi rexécution de Tédit de 1562.
(2) Semblablement, audict an, le gouverneur et les consuls furent advertis que les huguenots de la ville avoient conspiré trahison. Pour y obvier, tous les huguenots furent mis en prison dans la maison d'un chanoine , au-devant de l'église