PRISE DE MONTFAUCON
l*asseinblée diocésaine des Etats particuliers. Gomme le Puy, Graponne et d'autres villes, il vivait sous la dominité d*un seigneur en paréage avec le roi. Â cause même de son importance, il avait originairement donné , à celui qui le gouvernait , le droit de siéger aux Etats-généraux du Languedoc. Ses murs d'enceinte , son château, ses tours, ses fossés dont il était fier, en firent, après le Puy, la place la plus forte de la contrée. Montfaucon était une cité consulaire, c'est-à-dire administrée par un conseil de citoyens élus en assemblée générale. En 1445, ses consuls avaient été appelés à prendre part aux délibérations des députés des Etats-généraux, circonstance qui suppose qu'à (;ette époque il était déjà classé au nombre des villes importantes du Languedoc.
En 1585, les religionnaires, commandés par un Gévaudanais nommé Gentil, s'emparèrent de Montfaucon. Il fallut sans doute que les habitants se fussent alors bien énergiquement défendus, puisque, aussitôt mattres^de la ville, les vainqueurs, ivres de rage, firent impitoyablement démolir le château, et passèrent au iil de l'épée les chefs courageux qui avaient excité leurs concitoyens à une héroïque résistance. — Tristes vicissitudes des événements de cette époque ! Montfaucon, vieille cité catholique, tombe brutalement en 1585 au pouvoir des cal-
218 PRISE DE MONTFAVCON.
vinistes et se voit obligé de subir toutes les yio* lences de leur domination. Cinq ans après, Saint- Vidal frappe à ses portes et les fait ouvrir à ses rudes ligueurs, qui commencent à y établir à leur tour leur despotique gouvernement. En 1 591, la vi)Ie rentre sous Tobéissance du roi pour en être arrachée quelques mois ensuite par Tintimation du duc de Nemours, et vient enfin, au mois de mars 159i, se ranger avec docilité sous la bannière victorieuse de Henri de Navarre !
Le vieux château baronial de DuntèreS" Joyeuse^ si connu autrefois dans la contrée par la puissance de ses fortifications, par sa double enceinte crénelée et par sa tour grancliose que la furie des temps et des hommes n'a pu détruire, le château de Moyiiregard^ celui de Beaudincj celui de Vazelhes, presque tous ceux de la province eurent des destinées semblables, et, dans le même temps, passèrent tour-àtour des religionnaires aux ligueurs, et des ligueurs aux royalistes....