‹ Histoire du VelayChapitre 63 sur 125 · LA FAMIXE, LA PESTE ET LA GUERRE DANS LE VELAT · texte numérisé non relu

LA FAMIXE, LA PESTE ET LA GUERRE DANS LE VELAT

é:nigrés, étendus par centaines dans les fossés et aux portes des monastères, c Quoi! disaient-ils » avec colère, nos compatriotes seront plus sensibles » aux souffrances de gens qu'ils ne connaissent pas > qu'à celles de ceux qui les ont défendus dans les » jours de danger? Ils passent devant nous qui leur B tendons la main , et ils portent leurs secours aux » étrangers; ils n*en ont pas le droit... » En parlant ainsi, ils se précipitaient sur Ins aumônes et s'en allaient arracher le pain de la bouche des mourants. Pendant toutes les nuits les malheureux ouvriers, qui depuis long*temps restaient sans travail, parcouraient les rues, accompagnés de leurs femmes et de leurs enfants. Ils priaient, ils pleuraient en demandant la charité de porte en porte, et quand on ne voulait pas les entendre, ils s'arrêtaient devant les maisons des riches , proféraient des menaces en criant : Donnez^ donnez où nous prendrons partout où nous trouverons (I)!...

Loin de s'apaiser à la fin de l'hiver, le fléau redoubla ses ravages; ce qu'épargna la famine, la peste vint le réclamer. Ce n'était plus dans les cimetières ni dans les églises qu'on ensevelissait les cadavres; la cotitagion s'étendit avec une si efTrayante

(1) Mes. original de Burel. — Copie Wss. de M. de Saint- Sauveur.

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