LETTRES DU VICOMTE A SA SOEUR
MA chere Soeur , plufieurs perfonnes me mandent que l'on dit à Paris l,v\ u, que je ne fuis pas bien avec M. le Duc d'Enguien , & que je ne fuis & mt pas bien aife de m 'être joint à lui. Je vous prie, fi vous en oyez parler, de témoigner que je ne fuis pas fi impertinent que cela , & que c'eft un honneur que j'ai toujours recherché extrêmement. Je vous aflurc qu'il y a une trèsgrande union dans cette Armée ; M. d'Enguien vit auflî bien avec moi qu'il eft poflïble ; & il ne fe rencontre aucune difficulté entre M. le Maréchal de Guiche & moi ; n'ayant rien à démêler & étant de tout tems fort bons amis. J'ai fujet auffi d'avoir toute forte de fatisfa&ion de la façon que l'Armée Allemande vit avec moi , je n'y ai pas trouvé la moindre conteftation dans les chofes que j'ai défirées , Se au contraire toute forte d'obcïflancc. Apres la fin de cette affaire, je vous écrirai, plus amplement , adieu chere Sceur. C'eft totre très-humble & trcs-affc&ionné Serviteur & Frère,
TURENNE
Au Camp devant Fhtiùbcwrg et j. Stptrmlf. ï«44«