‹ Histoire du Vicomte de Turenne, Maréchal Général des Armées du RoyChapitre 36 sur 50 · PREMIERE LETTRE · texte numérisé non relu

PREMIERE LETTRE

J 'Envoyé le Sieur de Mardaillan qui vous dira que la Ville d'Ypres à ca- M». VIII. pitulé. Il eft certain que je reconnois une grande bénédiction de Dieu Liv. IV» fur tout ce que j'cntrcprens : j'en fuis quelquefois un peu plus homme de bien , fouvent aufli cela va fort mal , je vous dis fincerement comme l'affaire eft.

On fit la Céne ici Dimanche pafle , M. Brevin prêcha très-bien , il faudroit en dévenir plus homme de bien qui feroit le principal , mais on a de l» peine à y parvenir ; & quand on Ce confulte au fond , il me femble que l'on ne change guéres. En parlant fur ces paroles , font*, de Babylont , il me fit comprendre qu'il ne s'en feroit pas allé il vite que les réformateurs. C'eft un efprit qui a beaucoup de connoillànce & point d'aigreur : il eft tombé d'accord avec moi que l'on n'inftruit point les gens de bonne foi dans les deux Religions , & que chacun de fon côté fait voir la Religion de l'autre pour en donner de l'avetlion , de même que dans une Ville où il y a deux cabolles > vous ne trouvez de naïveté de pas un côte. Je fçai ce que ma Surur &: vous penfez la-dcflus fur mon fujet. Vous croyez qu'une perfonne qui ne donneroi t pas tant dans mon fens , que M. Brevin metiendroit l 'efprit plus ferme, mais vous vous trompez. Il prêcha fur ce que Notre Seigneur dit en donnant 'a Céne à fes Difciples , 6c ne dit pas un mot de controverfe. On voit bien qu'il a fort lû les anciens & qu'il y accorde fon ftyle.

A Yptt a 10. Dtcmbrt 16 f t.

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