TROISIEME PARTIE
CONTENANT LES MEMOIRES DU DUC D'YORCK; Depuis Jacques I L Roi de la Grande-Bretagne.
P RE' F A C E DU CARDINAL DE BOUILLON.(i)
LE Roi d'Angletetre Jacques II. m'ayant fait l'honneur de me raconter dans l'année 169 f. plufirurs particularités & quelques allions conndérablcs de la vie de hru M. de Turenne mon oncle , qui m'étoient inconnues , n'étant pas rapportées dans les Mémoires que j'ai de lui écrits de fa propre main ; je pris la confiance de témoigner à ce Prince que j'émis bien fâché que mon profond rcfpcét pour lui ne me permit pas de le fupplicr trèshumblement de vouloir , par l'amitié qu'il confervoit pour feu M. de Turenne , mettre par écrit aux heures qui lui feraient les moins incommodes , ces particularités Se ces actions dont je n'avoit aucune connoiûaoce » Se je lui ajoutai que je ptendrois la liberté de demander cette faveur à tout autre qu'a Sa Majcfté.quc je devrais encore plus refpeûer que la mémoire de feu M. de Turenne , que j'avois regardée julqu'a ce moment- là comme la chofe du monde qui m 'croit la plus chete : fur quoi Sa Majcfté par un effet tout particulier d'une bonté & généralité fans égale , me dit qu'eUc me ferait avec joyc ce plaiûr , le plutôt qu'il lui ferait poflblc , en me confiant même que comme elle avoit déjà écrit en Anglois allez exactement par années les Mémoires de fa propre vie , elle en tirerait Se traduirait en François tout ce qui concernerait les Campagnes qu'elle avoit faites dans l'armée de France, commande.' par M. de Tarennc , & de celles qu'elle avoit faites enfuite aux pays-bas dans l'armée d'Elpagne julqu'a la publication de la paix des Pyrcnnécs , 8c au rctibliilcmcnr da Roi Charles II. fon frere , fur le trône de la Grande-Bretagne. Je fus agréablement furpris le vingt -fepticme du mois de Janvier de l'année luivante nul fax cens quatre-vingt-lciae , lorfqu'étant allé a S. Gctmain en Laye rendre mes rclpcéh a ce grand & faint Roi . il me mena dans fon cabinet , où il me dit qu'il m'avoit fait venir pour me tenir la parole qu'il m'avoit donnée l'année précédente , & me mit en méme-tems entre les mains ce prêtent Litre , dans lequel il m'altora qu'il avoit recueilli tout ce qu'il avoit remarque dans les Mémoires au fujet de eu M. de Turenne , depuis l'année nul Ux cens cinquante-deux înclufi- ▼emenr , juiqu'en mil ux cens louante -t qu'il m'en faiioit un don avec plailîr , tant par rapport a la mémoire de feu M. de Turenne , qu'il me dit iui devoir être toute Ja vie rrcsclicre 8c ttès précicufe , parcequ'il le regaruoit comme le pius parfait te le plus grand homme qu'il eût jamais connu, Si le meilleur ami qu'il eût jamais eu j que par rapport a l'amuié dont il m'honorait en particulier : il me recommanda cependant de ne donner jamais* à qui que ce foit , durant fon vivant , u lecture de ces Mémoires. Après avoir rendu a Sa M.ijeftc trèv humhlcs aérions de grâce» de ce bienfait , je lui promis d'exécuter, ce qu'elle ▼enoit de m'ordonner j & je l'ai tres-fidelcmcnt obftrvé tant qu'il a vécu. Ce don de la main d'un lî grand Koi me parait fi conliwirablc Se Si honorable pour la mémoire de feu M. de Turenne , & pour toute notre nui Ion , que dès ce jour-la , comme j'eus l'honneur de le dire à Sa Majeltc en recevant d'elle ce précieux don , je pris la réfolution de le fubltiruer un jour à perpétuité a l'aîné de notre Mailon , 8e c'eft ce que je fais aujourd'hui. Etant a Rome le fcizièine du mois de Février de l'année mil fept cens quinze , y ayant par un effet de la Providence divine , retrouvé ce pré. wux Livre que je ne croyoïs jamais revoir. Signé, LE CARDINAL DE BOUILLON, Doyen du Sacré Collège.
( i ) Cette Préface fi trouve «m etmmtnttmm des Mém'trn du Dut tTerck , étritt dtl*fr+z frt main du Cardin*! dt BtmUtn.
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MEMOIRES