LE PREMIER PITT. S
et qui, le jour, la nuit, lancés en France sur des barques légères, animaient, ravivaient incessamment l'incendie vendéen. En vain éteint par Hoche, il gagnait sous la terre , à Paris , à Lyon , et dans tout le Midi.
Combien de temps durerait ce grand mensonge en deux parties : l'emprunt illimité sans base, et le faux assignat? C'est ce qu'il fallait voir. Était-ce au loin, par des succès en Italie, qu'on pourrait espérer d'arrêter la machine ? C'était l'idée de Bonaparte. Ou, par un coup hardi , traversant le détroit et secondant les Irlandais , pouvait-on l'arrêter ? Ce fut l'idée de Hoche, sa tentative audacieuse.
Voilà le fait très-simple et nu de ce qui se passait à la fin de 96.
Mais on comprendrait peu, on serait même injuste sous tel rapport, si l'on ne remontait un peu haut dans le dix-huitième siècle, si l'on n'expliquait bien ce que l'Angleterre, dans sa lutte contre la la France et la Révolution, apportait de spécieux, et même de solide, à ce combat.
Sa haute légitimité remonte à 1688, où, pour l'avantage commun de l'Europe et du genre humain,
elle combattit Tjouis XIV, la proscription des protestants, la révocation de Tédit de Nantes. Lutte si inégale qui réussit par la Hollande et par nos réfugiés. Les Anglais, fatigués, mêlés d'éléments étrangers, n'osèrent revenir à leur glorieuse république de 1649. Ils refirdht une royauté, mais au minimum, et prise dans des petits princes étrangers, une race de basse Allemagne.
L'Angleterre, sous Georges P, Georges II, sous Walpole, tomba fort bas , sous le rapport moral . En 1750, elle croyait elle-même que, même au point de vue matériel , elle avait baissé. C'était l'opinion, après Walpole. En 1750, son successeur, le duc de Nev?castle, adresse cette question à un médecin , le docteur Russel : c< Pourquoi le sang anglais est-il si pâle et appauvri? Quel remède? » Russel, dans un beau livre que j'ai cité ailleurs, indiqua le remède : a La mer et l'action. »
L'action n'avait jamais cessé. Sous l'apparente paix de Walpole, un être inquiet avait toujours agi, erré, coureur de mers. Je l'appellerai Robinson (nom d'un livre immortel de 1719). Ce Robinson, vers le pôle Nord, pour son commerce d'huile, faisait rimmense massacre des cétacés qui, pendant tout ce siècle, a rougi la mer de sang. Au midi, à la laveur du traité de l'Assiento, il fournissait de nègres les Espagnols, et chez eux, malgré eux, le pistolet au poing, il commerçait, hardi contrebandier, Ati