LE PREMIER PITT
1738^ les Espagnols excédés mutilèrent un de ces drôles. De là une scène dramatique au Parlement^ et une fureur d'autant plus grande que la vengeance promettait de beaux bénéfices.
L'homme qui plaida cette cause avec un talent admirable et une vraie fureur étailnile premier des deux Pitt (lord Chatham) S Après Walpole, le grand acheteur de consciences, l'Angleterre ouvrit fort les yeux en voyant tout à coup ce magique et sublime acteur, sincère et désintéressé, d'une passion réelle, comme l'acteur d'Athènes qui, jouant Electre, apporta sur la scène, non pas Pume d'Oreste, nap|^' Turne dé son propre fils. Ce grand Chatham, si nalu* relleraent furieux, avait l'élan colérique des Gallois, dont venait sa famille. De pllis, il était né malade ; toute sa vie, il eut unbauiiMu, la goutte. A chaque accès, ses cris étaient d^ accès d'éloquence.
Une vieille dame, Sarah Malborouglh; qui haïssait k France, fut charmée d'un jeune homme qui paraissait si enragé. Elle crut y reconnaître son fijs et elle le fit son héritier. 4; .
Mais 11 n'avait qu'une passion, la colère. ^^dA, haut, méprisait l'argent. Quel spectacle pour les Anglais après Walpole ! Ils ont des . moments de grandeur. Ils trouvèrent cela beau. Ms Slrent char-
i 9lft« mon Histoire de France j'ai parlé de Gbatham, le premier des Pitt. Aujourd'hui, je dois parler surtout du second, mort en 1800; fiii plus loin les sources de «m histoire.
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mes de lui voir rendre une grosse pbœ i{ii''on lui avait donnée, charmés de Tentoidre parler contre ceux qui toujours prêchaient pour le Hanovre, le patrimoine du Roi. En cela, il semblait tourna le dos au ministère. C'est ce «pii l'y porta. A reculons, il n'y alla pas mnns. Les Anglais étaient furieux de quelque succès de la France. Il fallut par deux fois que le Roi, malgré lui, nommât et renommât ministre celui qui représentait le mieux la colère nationale.
L'ennemi de Pitt, Fox Holland, le fit lui-même Jllqi^ler. En 1757, il fut premier ministre, malgré * h Roi et l'aristocratie. L'engouement des Anglais pour leur grand avocat fut tel, que les mauvais suc* ces qu'il eut d'abord, Mp de les ^décourager, les piquèrent, les attacherait à Im. H est vrai que ce furieux avait de très-ncMes éclairs qui lui illuminaient l'esprit, n en eut un très-beau, de haute et ferme raison, quand, mettant sous ses pieds la vieUlt antipathie des Anglais pour les Écossais, il dit magnanimement que ces belliqueux montagnards n'étaient fioiairèes ennemis. Rs ne voulaient que guerre; eh ! Uèn,. il fallait leur donner des armes, les employer en Améiiqœ. Dès ce moment, ils changent, et combattent fC0t FAngletérre, même contre leurs aneiei| " amis les Français.
Il dit ensuite une chose qui réussit : « Il faul^on^* quérir rAmérique en Allemagne. » C'est-à-diw^