‹ Histoire du xix.e siècle. (Œuvres posthumes)Chapitre 26 sur 79 · DE LA SECONDE RÉACTION, QUI MÈNE EN FRUCTIDOR · texte numérisé non relu

DE LA SECONDE RÉACTION, QUI MÈNE EN FRUCTIDOR

C'est au traité de Léoben que les dissentiments du Directoire, jusque-là assez bien cachés, apparaissent enfin et commencent la période de lutte qui ne finit qu'en Fructidor.

A Léoben, nous voyons la minorité du Directoire, Garnot et Letourneur, du côté de Bonaparte et de la paix avec rAutriche; d'autre part, la majorité, Barras, Rewbell, la Réveillère, lutter, puis céder à regret, ayant contre eux tes amis de la paix, c^est-àdire tout le monde, et puis le parti royaliste qui, ayant déjà ce traité, prit son élan vainqueur pour les élections qui suivirent.

Pendant quatre-vingts ans, les royalistes ont constamment plaidé contre la république. Constamment

les bonapartistes, même les indifférents et gens d'affaires, ont constamment jugé que les traités de Chérasco, de Léoben, étaient deux très-bonnes affaires, c'est-à-dire ont adopté l'avis de Bonaparle et de Garnot contre la majorité du Directoire.

Celle-ci, si violemment attaquée, ne s'est point défendue.

Rewbell n'a rien écrit, que je sache.

Barras n'avait écrit que des pièces détachées, qu'il avait confiées à son ami Rousselin de Saint-Albin, et dont celui-ci a fait les Mémoires de Barras. Ces Mémoires, qui peut-être seraient sa justification pour bien des faits, existent encore, et attendant leur publication.

Enfin, grâce à Dieu, au bout de près d'un siècle, nous pouvons lire les Mémoires, excellents et visiblement véridiques, de la Réveiilère-Lepeaux, le meilleur et le plus ferme républicain de ces temps-là.

Il a écrit ces Mémoires fort tard, vers la fia de sa vie, avec une fermeté de justice admirable. Il ne conteste en rien les grandes qualités de Carnet. Il dit qu'aux premiers temps, Carnot plaça de très-fermes républicains. Il ne lui fait d'autre reproche que l'entraînement aveugle pour le parti qui faillit l'emporter en 97 et qui semblait alors avoir pour lui la majorité de la France.

Pour moi, toujours nourri dans une haute et affectueuse estime de ces deux illustres familles, Carnot,

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