‹ Histoire du xix.e siècle. (Œuvres posthumes)Chapitre 28 sur 79 · DE U SECONDE RÉACTION QUI MÈNE EN FRUCTIDOR · texte numérisé non relu

DE U SECONDE RÉACTION QUI MÈNE EN FRUCTIDOR

rAulriche. Ainsi le traité fut approuvé de la société et du grand public à Paris.

Nous avons vu que, dans l'armée, qui avait le coeur plus haut, beaucoup n'approuvaient pas et voulaient que la guerre, fidèle à son principe, restât une croisade de la liberté et de la Révolution. Ils comptaient bien sur Bonaparte et ses proclamations où il parlait toujours de les mener à Rome. Cette courte et petite expédition, si facile au printemps, aurait eu lieu si l'affaire de Lodi n'eût empêché, comme on a vu, la division de l'armée et laissé tout le commandement sous la main du général politique qui, malgré la majorité du Directoire, sauva Rome d'abord. Vienne plus tard, conformément aux vues du parti rétrograde, des femmes pieuses, des hommes sensibles.

Ainsi d'avril 96, du traité avec le Piémont partit une seconde réaction dont on ne parle guère. La réaction thermidorienne avait fini à proprement parler en Vendémiaire, et une autre succéda.

On gardait l'horreur, l'épouvantable souvenir des jacqueries de Prairial, et fort peu celui de l'insurrection de Messieurs (royalistes et boursiers) de Vendémiaire. Celte prise d'armes de jeunes bourgeois et de gens bien vêtus n'avait pas produit grand effroi. Et les vaincus excitèrent plutôt l'intérêt . L'affaire de Quiberon, et nos officiers de marine, amenés là par les Anglais, fusillés par les nôtres, avaient laissé trop

de regrets. Les insurgés de Vendémiaire en profitèrent. On dit : c< Assez de morts ! » On rechercha trèspeu. Les contumaces, effrontément, se promenaient partout dans les rues, aux théâtres. Le vainqueur Bonaparte intervint pour Menou, qui les avait tant ménagés. Bien plus, il se choisit pour épouse une royaliste, la comtesse deBeauharnais.

Vendémiaire ne fit aucun mal aux royalistes.

On les vit tous, comme aux marches de Saint-Roch, sous Taimable figure de Lacretelle et autres jeunes gens de la bourse et du journalisme, légers et un peu vains, au total assez doux. Et cette opinion indulgente s'étendit , s'affermit au point qu'on ne crut jamais les récits véritables de Fréron qui, depuis Vendémiaire, envoyé par la Convention en Provence, avait recueilli tant de preuves des massacres et assassinats faits par les royalistes du Midi .

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