‹ Histoire du xix.e siècle. (Œuvres posthumes)Chapitre 71 sur 79 · COMMENT BONAPARTE OBTINT DE SORTIR D'EGYPTE · texte numérisé non relu

COMMENT BONAPARTE OBTINT DE SORTIR D'EGYPTE

C'est en 1839 seulement que ce mystère a été révélé à TEurope par un livre arabe que peu de gens ont lu, quoique traduit par M. Desgranges, professeur au Collège de France.

Jusque-là, ni les Français ni les Anglais n'ont voulu ébruiter ce secret, les premiers par amour-propre national, les seconds de peur qu'on ne prît pour une trahison de leurs ministres et de leurs amiraux, ce qui ne fut qu'une combinaison politique, astucieuseï mais malheureuse en résultat pour l'Angleterre et pour la France.

Le narrateur mérite la plus grande confiance. C'est un homme simple, honnête, qui avait le plus grand intérêt à savoir et être bien informé, de plus, parti-

san de Bonaparte et des Français, près desquels* il résida trois années avec Bonaparte et Kléber. Il s'appelait Nakoula ; c'était un Syrien que le chef des Druses tenait près de nos généraux pour être informé de tous les actes de ceux dont on espérait la délivrance de la Syrie. Le départ de Bonaparte fut un événement terrible pour les Syriens, et celui de tous dont ils tinrent certainement à savoir le détail.

Bonaparte, d'abord, craignant de ne pouvoir sortir d'Egypte, avait fait au Caire, devant les Ulémas, un discours violent conlre le Christianisme, disant : « qu'après avoir renié et détruit cette religion, il était bien loin d'embrasser de nouveau la foi chrétienne ^»

Mais peu après, Bonaparte (sans doute averti par les petites barques grecques qui, en tout temps, parcourent la Méditerranée) conçut un autre plan, espéra son retour.

« A peine arrivé à Alexandrie, il se disposa à partir ; on prépara trois bâtiments sur lesquels il fît porter, pendant la nuit, des coffres remplis de pierres précieuses, d'armes magnifiques, de marchandises, d'étoffes et d'objets qu'il avait gagnés dans la guerre. Il avait aussi avec lui de jeunes mameluks attachés à son service, et qu'il avait richement habillés.

c< Ces préparatifs terminés, il donna un grand dî-

^ Nakouln, quoique chrclien, rapporte ceci sans réflexion, p. ^0. •

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